Covid-19 : et si, finalement, la menace d'une cinquième vague s'éloignait ?

Le gouvernement essaie de relancer la campagne de vaccination en changeant de méthode. À partir de vendredi, les pharmaciens et les médecins pourront vacciner avec la dose Pfizer. Reportage en région parisienne.

PROJECTION - Si les spécialistes se veulent plus optimistes qu'il y a quelques semaines face au risque de reprise épidémique et ses éventuelles conséquences d’ici à l’automne, la vigilance reste de mise. Plusieurs facteurs pèsent dans la balance.

Exit la fameuse cinquième vague à l'automne ? S'il est encore bien trop tôt pour l'affirmer, la donne pourrait toutefois avoir quelque peu évolué au fil des semaines depuis la rentrée. Alors qu'un certain nombre d'épidémiologistes jugeaient, début septembre encore, la survenue d'une cinquième vague quasi inévitable à l'automne, les projections se veulent nettement plus optimistes en ces tout premiers jours d'octobre. Enfin le bout du tunnel, décalage ou simple répit ? 

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Variant Delta : la France face à une quatrième vague

"D'un régime de vagues à un régime de circulation plus tamponné"

"Je pense qu'une grande partie de la planète - dont la majeure partie de l'Europe et des Amériques - entre dans la phase finale de la pandémie", a récemment estimé sur Twitter le Pr François Balloux, de l'University College de Londres. "Il y aura des flambées épidémiques dans les prochains mois et années, mais je ne m'attends pas à des vagues comparables à celles que nous avons vécues ces 18 derniers mois", a-t-il ajouté. "Ce qu'on est en train d'observer, c'est une transition d'un régime de vagues vers un régime de circulation plus tamponné, avec de moins fortes amplitudes", analyse de son côté l'épidémiologiste Mircea Sofonea pour l'AFP.

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Face à la baisse importante du nombre de cas ces dernières semaines et aux forts taux de vaccination dans la population adulte, cet optimisme vaut aussi pour l'Hexagone. "Cela fait maintenant un mois que la rentrée est passée. Le Covid-19 s'est effectivement transmis entre les enfants. Mais pas tant que ça finalement. Les contaminations baissent même chez les moins de 10 ans, qui ne sont pourtant pas vaccinés", constate Renaud Piarroux, chef du service de parasitologie à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière pour Franceinfo, notant par ailleurs que "l'immunité de la population est plutôt bonne".

"L'épidémie est en décroissance avec un nombre de reproduction entre 0,8 et 0,9. Autrement dit, 10 personnes en contaminent moins de 9. Le virus continue donc de circuler, mais nous sommes dans une situation favorable", détaille Mircea Sofonea, soulignant que "l'an dernier à la même période, le nombre de reproduction se situait entre 1,1 et 1,3, en début de deuxième vague, ce qui n'est pas le cas actuellement" et qu'un "changement de régime ne se fera pas du jour au lendemain". 

Pas de nouveau variant à l'horizon pour l'instant

Et  le chercheur de l'université de Montpellier de détailler : "Pour que la situation s'inverse, il faudrait un nouveau variant ou qu'il y ait un changement brutal dans l'application des gestes barrières. Or, dans l'état actuel des connaissances, il n'y a pas de variant menaçant en train de remplacer le Delta et nous ne sommes pas non plus dans une optique de relâchement généralisé des mesures sanitaires."

"Si une mutation du variant Delta venait à le rendre plus résistant aux vaccins existants, cela pourrait remettre en cause l'évolution favorable actuelle", abonde l'épidémiologiste Antoine Flahault, qui préfère toutefois rappeler le caractère imprévisible de cette pandémie. "Personne n'avait prédit l'émergence du variant Delta en Inde au printemps dernier, même si ce type d'évolution était redoutée", note-t-il. "Par ailleurs, une proportion très importante des populations des pays pauvres n'étant pas vaccinée, il se peut que cela conduise à d'importantes vagues dans ces pays et à l'émergence de nouveaux variants", prévient le spécialiste. "Tant que ce virus circule à un haut niveau quelque part dans le monde, on ne sera pas vraiment à l'abri de nouvelles vagues", insiste-t-il.

Quid de l'impact de la baisse des températures ?

Malgré l'amélioration actuelle et l'espoir de pouvoir échapper à court terme à une vague aussi virulente qu'il y a un an, la fin de la pandémie n'est donc pas encore en vue, s'accordent à dire la plupart des scientifiques, échaudés par de précédentes désillusions. D'autant que les températures baissent dans l'hémisphère nord, ce qui favorise les regroupements en intérieur et peut donc relancer la circulation du virus. "Comme l'année dernière, le virus va se remettre à circuler. Les gens vont être un peu plus en intérieur et à ce moment-là, on va assister à une nouvelle poussée", redoutait ainsi le professeur Arnaud Fontanet il y a quelques semaines sur LCI. "Le virus existe et du moment que le temps va se refroidir il va circuler à nouveau, surtout là où y a une population non vaccinée. Et la couverture vaccinale en France est insuffisante pour éviter une cinquième vague", analysait à la même période  le Pr Mégarbane, chef du service de réanimation à l'hôpital Lariboisière à Paris, jeudi sur LCI.

"Avec l'arrivée des premiers froids, le taux de transmission et le nombre de cas risque de remonter. Si l'on a affaire à une cinquième vague, elle sera plus modeste et moins intense que les précédentes. Mais les personnes vulnérables non protégées feront les frais de cette résurgence", a abondé l'épidémiologiste Yves Buisson, président de la cellule de veille scientifique Covid-19 de l'Académie nationale de médecine pour L'Express.

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