Covid-19 : à quoi s'attendre pour les fêtes de fin d'année ?

Covid-19 : à quoi s'attendre pour les fêtes de fin d'année ?

PROJECTION - En pleine explosion des cas en Europe, la dégradation de la situation épidémique dans l'Hexagone conduit certains à s'interroger sur la tournure des évènements ces prochaines semaines, avec à l'esprit l'échéance de Noël, et le souvenir d'une édition 2020 ternie.

La cinquième vague de l'épidémie de Covid-19 est bel et bien amorcée en France. Si le pays semble pour l'heure relativement épargné par rapport à certains de ses voisins, les contaminations et les hospitalisations à la hausse depuis octobre conduisent d'ores et déjà à s'interroger sur l'évolution de la situation ces prochaines semaines, et notamment d'ici aux fêtes de fin d'année.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

"Il y a une accélération, c'est clair, de la cinquième vague et on va la voir sur les semaines qui viennent", a prévenu ce mercredi président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy sur France Inter, appelant à renforcer l'application du port du masque, du "pass sanitaire" mais aussi du recours au télétravail. 

Redoubler de vigilance suffira-t-il à reprendre le contrôle de cette nouvelle vague d'ici Noël ? Ou doit-on s'attendre à un scénario semblable à 2020 ? 

"Entre 30.000 et 50.000 cas par jour"

"L'évolution actuelle est très différente de celle qu'on a connue au début de l'hiver 2020-2021 où l'on avait l'arrivée du variant Alpha", a nuancé d'emblée sur LCI Jean-Stéphane Dhersin, directeur scientifique adjoint de l’INSMI (CNRS), spécialiste de la modélisation des épidémies. "Dans ce cas-là, la raison pour laquelle on s'envolait c'était l'arrivée d'un virus plus virulent, un mutant qui avait un avantage par rapport à la souche précédente", a-t-il détaillé.

Pour autant, "si rien n'est fait, c'est-à-dire si les curseurs restent réglés au même endroit, à Noël, nous pouvons être entre 30.000 et 50.000 cas par jour", prévient le spécialiste confirmant les projections déjà évoquées par William Dab, épidémiologiste et ancien directeur général de la Santé, auprès du Parisien. Si l'"on progresse relativement vite à la même vitesse que l'Allemagne ou les Pays-Bas", Jean-Stéphane Dhersin rappelle toutefois que les choses sont "plus difficiles à prévoir parce que la raison pour laquelle les cas remontent est multi-causes" cette fois-ci.

"Pas de raison de dramatiser"

Si l'"on ne peut pas nier le fait qu'il y ait une reprise épidémique", concède de son côté Bruno Lina, professeur de virologie aux Hospices civils de Lyon et membre du Conseil scientifique, "toutes les vagues ne se valent pas". Selon lui, avec moins de 8000 personnes actuellement hospitalisées, dont près de 1300 en soins critiques, "il n’y a pas de raison de dramatiser à l’excès". Et d'insister : "On n’est pas face à une catastrophe sanitaire comme lors de la 1ère vague." 

Évoquant "toute une série d'atouts dans nos manches pour éviter une reprise spectaculaire de l'hospitalisation", à savoir la vaccination et notamment la 3e dose chez les plus âgés, mais aussi le respect des gestes barrières et l'aération des pièces, ce dernier se veut même rassurant pour la suite. "Si on arrive à conjuguer toutes ces actions mises en place depuis le début du mois d'octobre,  les modèles nous disent qu'on peut passer à travers une vague épidémique qui n'aura pas les conséquences de ce qu'on a observé pendant les quatre dernières vagues", conclut-il.

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La dégradation ou non de la situation sanitaire ces prochaines semaines "va dépendre aussi du comportement des Français, et à quel point ils vont être en mesure de garder ces gestes qu'ils ont appris au cours de l'épidémie et qui contribuent à contrôler cette épidémie", avait déjà alerté l'épidémiologiste Pascal Crepey, sur LCI il y a quelques jours.

"Noël sera quasi normal"

Pour Eric Caumes, chef du service de maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital de La Pitié Salpêtrière à Paris, "si les gens sont correctement vaccinés, Noël sera quasi normal cette année". Dans les colonnes de L'Express, il se veut lui aussi rassurant mais émet toutefois quelques réserves susceptibles de venir ternir le tableau. "La grippe m'inquiète davantage : il est possible que Noël ne soit pas difficile à cause du Covid, mais à cause de la grippe. Il y a cette année un vrai risque d'épidémie grippale. Il n'y en a pas eu les deux dernières années donc les gens l'ont oubliée. S'il y a un message à faire passer, c'est : 'Vaccinez-vous contre la grippe', surtout pour Noël. Mon autre crainte concerne les difficultés rencontrées dans les hôpitaux du fait du manque de personnel et du manque de chambres disponibles. La conjonction de ces trois phénomènes, le Covid, la grippe et les soucis dans les hôpitaux, fait qu'il peut y avoir des problèmes ces prochaines semaines." 

"Se prolonger sur décembre et janvier"

Gabriel Attal s'est lui aussi voulu rassurant quant à cette échéance, le gouvernement n'ayant pas l'intention à ce jour d'instaurer de nouvelles mesures de freinage, et aucune consigne concernant une quelconque jauge aux tables de fête n'est prévue. "On avait fait confiance à la responsabilité des Français l'an dernier et on a eu raison. Les Français ont fait beaucoup d'efforts, ils connaissent maintenant ce virus, ils savent comment il se transmet, ils font très attention, notamment quand ils sont avec des personnes fragiles et vulnérables", a-t-il expliqué ce mardi. "Aujourd’hui il n’y a pas de raison de penser" que les fêtes de fin d’année soient ternies comme en 2020, mais "il faut que l’immunité conférée par le vaccin se poursuive et donc que les Français éligibles fassent leur rappel de vaccination".

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a fait part de la même prudence. "Ce que nous disent les premières modélisations, avec tout le conditionnel possible, c’est que cette vague épidémique pourrait se prolonger sur décembre et janvier et avoir un impact sanitaire important", a-t-il indiqué, insistant sur le fait qu'il est "difficile d’estimer par avance quelle sera l’ampleur de la vague".

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A titre de repère, à ce jour, on dénombre huit fois moins d'entrées à l'hôpital, cinq fois moins en réanimation et dix fois moins de décès qu'en novembre 2020.

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