Le masque imposé à l'école sans motif sanitaire ? Des propos trompeurs de Florian Philippot

Les spécialistes défendent vigoureusement le port du masque pour les élèves.

RENTRÉE DES CLASSES - Le masque serait imposés aux élèves par "idéologie", selon Florian Philippot, sans bénéfice pour la santé. L'Académie de médecine réagit et dénonce avec fermeté ce discours.

Le début du mois de septembre coïncide comme chaque année avec le retour en classe des élèves. Une reprise des cours qui s'effectue à nouveau masquée, Covid oblige. Une contrainte dont s'acquittent les jeunes et leurs enseignants, mais que le président du mouvement Les Patriotes a dénoncé via ses réseaux sociaux. Florian Philippot juge en effet que le masque n'est pas justifié dans les établissements scolaires et représente avant tout une contrainte.

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"Pensée pour les enfants qui devront porter des heures durant un masque par idéologie et non pour des raisons sanitaires ! Il faut s’en débarrasser au plus vite !", a-t-il lancé ce jeudi. Une affirmation contredite sans tarder par des spécialistes, qui rappellent son central dans la réduction de la transmission, a fortiori chez des jeunes de moins de 12 ans non concernés par la campagne de vaccination.

"Il dit des bêtises"

Contacté par LCI, le Professeur Yves Buisson, épidémiologiste et président de la cellule Covid-19 de l’Académie nationale de médecine conteste vigoureusement les propos tenus par l'ancien député européen. Ce dernier, dixit le spécialiste, "fait partie des personnalités politiques qui pour se démarquer et s'opposer aux mesures du gouvernement peuvent être amenées à dire tout et n'importe quoi". L'intérêt du port du masque, glisse-t-il, a depuis longtemps "été démontré", et continue de l'être dans la période actuelle puisque l'on constate "que des études sont encore menées"

L'une des plus récentes, dévoilée cette semaine, a montré un effet majeur du masque auprès de populations au Bangladesh. Une étude randomisée sur un large échantillon de personnes et qui ne fait que confirmer des conclusions déjà mises en lumière par de précédentes publications. Chaque fois, il est ressort que la transmission du virus se trouve réduite par un port rigoureux du masque. Dès lors, Florian Philippot "dit des bêtises", estime Yves Buisson. Les enfants ne transmettant pas moins que d'autres le virus en temps normal, rien ne permet de penser que les bénéfices du masque seraient moindre chez les plus jeunes. 

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L'épidémiologiste note que si "le masque se montre efficace contre le Covid, on le savait utile il y déjà longtemps, lors de la grippe espagnole". À l'époque, entre 1918 et 1921, "on voyait beaucoup de gens masqués dans certains pays, ce n'est en rien une invention récente". Le New York Times, illustrant ces propos, était revenu sur cette épidémie meurtrière via un article très documenté et agrémenté de photos d'archives. Il y a un siècle, outre-Atlantique, on observait déjà des individus avoir recours au masque. Son usage ne s'était pas ou peu exporté en Europe, mais on l'observait aux États-Unis.  

Du côté de l'Inserm, qui a étudiés avec ses experts les mécaniques de contamination, on rappelle que "plusieurs études sont venues confirmer l’hypothèse d’une transmission du SARS-CoV-2 par les aérosols, qui est aujourd’hui aussi considéré comme l’un des modes de transmission principaux". Dans ce contexte, "le fait pour les deux parties de porter le masque ou d’être vacciné réduit significativement le risque de transmission du virus". Des observations qui rejoignent celles de l'Académie de médecine et d'Yves Buisson.

"Il s'agit avant tout d'éviter de contaminer son entourage", insiste l'épidémiologiste, qui voit dans l'absence d'épidémie de grippe un effet direct du masque et de sa généralisation. Pour contrer la propagation du virus, résume-t-il, l'enjeu actuel est "de lutter contre la transmissibilité et de favoriser la vaccination". Et de rappeler que les moins de 12 ans ne sont pour l'heure pas inclus à la campagne vaccinale, augmentant de fait leur vulnérabilité et leur capacité à transmettre le virus à autrui. Les 12-17 ans, quant à eux, sont aujourd'hui la seule catégorie de la population qui compte moins de 50% (47%) d'individus pleinement vaccinés. Le résultat notamment d'une ouverture plus tardive à ces publics. 

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