Covid-19 : les entreprises sont-elles prêtes pour un éventuel retour au télétravail généralisé ?

Malgré les encouragements au télétravail à grande échelle, les bureaux déserts se font rares.

ÉCLAIRAGE - Si la question d'une optimisation du télétravail se pose de nouveau pour faire face à l'accélération de la diffusion du Covid-19, l'Association nationale des DRH, juge, à ce stade, une telle mesure "prématurée", évoquant plusieurs réserves si elle venait finalement à s'imposer.

Le retour au télétravail généralisé va-t-il s'imposer ces prochaines semaines en France ? Si le gouvernement a réaffirmé ce jeudi que cela n'était pas à l'ordre du jour, aux prémices d'une cinquième vague de l'épidémie de Covid-19, le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy estime, lui, que cette mesure, parmi d’autres, pourrait de nouveau s'avérer précieuse pour faire face à l'accélération de la diffusion du Covid-19. 

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La France touchée par une cinquième vague de Covid-19

"C’est une décision qui relève du dialogue entre l’État et les entreprises mais on pourrait probablement optimiser l’utilisation du télétravail dans cette phase pour faire face à la 5e vague", a-t-il ainsi expliqué au micro de France Inter. "Nous n'envisageons pas aujourd'hui de renforcer les règles sur le télétravail", a fait savoir ce jeudi le ministère du Travail tandis que Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, avait de son côté indiqué en sortie du Conseil des ministres mercredi, ne "pas avoir d'annonce à faire sur le sujet" mais que ne rien n'était exclu "par principe". Mardi, le ministre de la Santé s'était, lui aussi, montré prudent auprès de 20 Minutes, évoquant un outil "auquel nous avons eu recours quand il a fallu" et qui "fait partie des mesures que nous pourrions mobiliser". Qu'en pensent les entreprises ?

Une décision "bien mesurée"

La déclaration de Jean-François Delfraissy "nous est apparue un peu prématurée et on a été contents de constater ces derniers jours qu'on n'était pas les seuls à le penser", réagit à chaud Benoit Serre, vice-président de l'ANDRH et DRH de L'Oréal France, estimant que "le gouvernement a raison de rester prudent". Et d'insister : "En plus on prend ça comme un acte de confiance à assumer les éventuelles conséquences d'une cinquième vague".

Pour autant, "si la situation se dégrade, et qu'il s'impose de repasser à trois ou quatre jours de télétravail par semaine, on le ferait", souligne-t-il, précisant qu'il faudrait le cas échéant "que cette décision soit bien mesurée parce que maintenant qu'on a l'expérience, on sait que les conséquences du télétravail de principe peuvent être néfastes voire destructrices pour les gens comme les entreprises".

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Autre réserve évoquée : "Il faudrait recommencer la pédagogie" mise en œuvre ces derniers mois pour organiser le retour au bureau des salariés. "Contrairement à ce qui a pu être dit, le retour des salariés en lui-même ne posait pas de problème, on a observé que beaucoup de salariés étaient heureux de faire du télétravail mais pas que du télétravail, et satisfaits de pouvoir composer", nuance Benoit Serre. "Finalement ce qu'ils ont eu du mal à accepter ces derniers mois, c'est l'idée qu'ils devaient rentrer dans une sorte de cadre alors que pendant des mois ils choisissaient seuls s'ils venaient ou pas", poursuit le vice-président de l'ANDRH. 

"Il a fallu expliquer qu'il y avait un cadre et des règles maintenant, mais deux mois et demi après la rentrée on peut dire qu'on a trouvé le bon rythme et on fait de moins de moins de pédagogie", résume-t-il, évoquant des tendances qui se dégagent. "On voit que généralement le mardi, le mercredi, le jeudi il y a du monde et beaucoup moins lundi et vendredi mais de le savoir et d'avoir ce cadre permet justement de corriger l'effet néfaste que peut avoir le télétravail non pas sur la productivité individuelle mais sur la productivité collective", analyse encore le DRH. 

"Les entreprises ont retrouvé la maitrise de leur organisation"

Pour rappel, la dernière actualisation par le ministère du Travail du protocole sanitaire en entreprise remonte au 31 août. Si les précédentes versions avaient assoupli les règles en matière de télétravail en prévoyant la mise en place d'un nombre minimum de jours, la dernière version a supprimé cette exigence.  "Le télétravail reste toutefois possible, mais il revient aux employeurs de fixer dans le cadre du dialogue social de proximité, les modalités de recours à ce mode d'organisation du travail en veillant au maintien des liens au sein du collectif de travail et à la prévention des risques liés à l'isolement des salariés en télétravail", résume ainsi le site du ministère. En conséquence, "les employeurs peuvent librement adapter les règles encadrant le télétravail et demander aux salariés de revenir à 100% en présentiel", peut-on lire.

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"Les entreprises ont retrouvé la maitrise de leur organisation dans un modèle de télétravail organisé au regard de leur culture et de leur activité propre", se réjouit Benoit Serre. En pratique, "plusieurs milliers d'entreprises ont instauré un cadre de manière structurée et organisée via des chartes internes" et "on estime que 40 à 45% des entreprises ont des accords de télétravail qui s'appliquent" avec en moyenne "25 à 30% de télétravail et non plus 100% comme ça pu être le cas, c'est à dire que la moyenne c'est deux jours par semaine".

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