Covid-19 : les bulletins météo, victimes collatérales de la crise sanitaire

Covid-19 : les bulletins météo, victimes collatérales de la crise sanitaire

CONSÉQUENCE INATTENDUE - L'effondrement historique des liaisons aériennes impacte depuis un an le travail des météorologistes. On vous explique pourquoi.

Mauvaise nouvelle : face aux caprices du ciel en ce début de mois de mai, il n'est pas forcément évident de pouvoir s'en remettre à nos chers bulletins météo... victimes collatérales du Covid-19. Si la corrélation ne saute pas forcément aux yeux de prime abord, il se trouve que les répercussions de la crise sanitaire sur le trafic aérien ne sont pas sans conséquence sur le travail des prévisionnistes. 

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Privés de la collecte de certaines données, ces derniers estiment même avoir perdu jusqu'à trois jours de précision au cours de l'année écoulée. 

La chute historique du trafic aérien en cause

En cause ? La chute historique du trafic aérien de passagers en 2020 : 66% au niveau mondial et 75% pour ce qui concerne uniquement les vols internationaux. Or, si d'aucuns l'ignorent, lorsqu'ils quittent le tarmac, les avions de ligne, bardés de capteurs, font office de véritables stations météo. 

À titre de repère, au décollage comme à l'atterrissage, des informations sont ainsi collectées toutes les dix secondes. En altitude, cette collecte de données a lieu toutes les deux minutes et concerne aussi bien la pression de l'air, que l'humidité, la température ou encore la vitesse du vent. Autant de paramètres qui, une fois analysés, permettent d'établir et d'affiner des modèles météorologiques et des algorithmes d'une fiabilité et d'une précision normalement plus élevées que ceux obtenus via d'autres méthodes. 

On estime ainsi qu'avant la chute drastique du trafic aérien, 80% des prévisions météo étaient fiables à six jours. Mais ce délai de projection a été divisé par deux depuis un an selon les spécialistes. Et il est donc désormais difficile d'annoncer le temps prévu d'une semaine à l'autre. 

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Pour établir leurs prévisions, les météorologistes disposent, outre la collecte de donnée par avions de ligne, de la collecte de données par satellites météorologiques, par ballons-sondes gonflés à l’hydrogène ou encore de capteurs sur des navires en mer. De quoi compenser le manque d'informations occasionné par la baisse des liaisons aériennes.

Quid des prévisions climatiques ?

En juillet dernier, une étude du Centre environnemental de l'université de Lancaster relayée par CNN avait déjà mis en évidence cette baisse précision des bulletins météo, alors de mauvais augure à l'approche de la saison des ouragans aux États-Unis. Car les modèles d'air chaud et froid sont essentiels dans la prévision des cyclones tropicaux.

À noter, que les prévisions climatiques à plus long terme ne se trouvent pas impactées au même titre que les prévisions météorologiques, puisqu'elles ne sont pas établies qu'à partir de la seule connaissance exacte de l'atmosphère à un instant T.

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