Covid-19 : les troubles anxieux et dépressifs à des niveaux "alarmants" chez les jeunes

Sacha, 18 ans, est en première année de médiation culturelle à la Sorbonne Nouvelle

CORONAVIRUS - Les étudiants tirent la sonnette d'alarme sur leur état de santé qui se dégrade lentement mais surement depuis le début de l'épidémie. Une étude récente de l'Ipsos vient confirmer ce sentiment de mal-être que ces jeunes dénoncent depuis quelques semaines.

Les années universitaires devaient être les "meilleures années de nos vies", rappelait Gaspard, étudiant et youtubeur aux 177.000 abonnés. Le jeune homme de 23 ans s'est fait le porte-parole de toute une génération "sacrifiée" de "morts-vivants" confrontée aux conséquences sociales et économiques de l'épidémie de Covid-19.

La fermeture des amphithéâtres les conduisent à un "isolement réel", poursuit Gaspard. À cela s'ajoute "un stress économique" lié à une précarité grandissante. Conséquences ? "Décrochage", "abandon", "échec", "désintérêt" mais surtout des "suicides par centaines", des "appels de détresse de dizaines de milliers d'autres" et "en globalité, une chute sombre de notre santé mentale".

Une enquête* de l'Institut Ipsos pour la Fondation Fondamental, réseau de chercheurs sur les maladies psychiatriques, publiée jeudi 28 janvier, vient appuyer les propos tenus dans cet appel au secours aux milliers de vues sur les réseaux sociaux. Près d'un tiers des 18-25 ans (29%) a en effet évoqué des pensées suicidaires. Et plus d'un sur cinq (21%) déclare avoir présenté des troubles dépressifs "sévères ou modérément sévères" au cours des deux semaines qui ont précédé ce sondage.

Des séances thérapeutiques gratuites dès le 1er février

Par ailleurs, près d'un jeune sur trois (32%) indique être concerné par un problème de santé mentale (dépression, anorexie, troubles obsessionnels compulsifs, phobies et troubles anxieux) et 40% disent qu'ils pourraient souffrir d'un trouble anxieux. 

Enfin, même si aucun mal-être n'est avéré chez certains, une majorité de jeunes n'est pas optimiste quant à l'avenir qui les attend. Près de deux tiers d'entre eux (61%) estiment que la crise sanitaire "aura des conséquences négatives sur leur santé mentale". "Un peu" pour 42% et "beaucoup" pour 19%.

Quelques jours précédant la publication de la vidéo devenue virale, des centaines d'étudiants ont manifesté à Paris, Lyon, Saint-Étienne ou encore Amiens afin de dénoncer l'invisibilisation de leurs mauvaises conditions de vie en période de crise sanitaire. Le gouvernement a immédiatement réagi à ce vent de contestations en mettant en place des mesures.

Parmi elles, le "chèque psy". À partir du 1er février 2021, les étudiants pourront consulter un psychologue sans avancer les frais. Un dispositif qui permettra de couvrir "un certain nombre" de consultations estimées "entre 30 et 40 euros". Les jeunes devront d'abord se rendre chez un médecin en faveur de ces séances thérapeutiques. Les détails pour bénéficier de cette aide seront accessibles dès la semaine prochaine. 

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* Le sondage a été réalisé en ligne du 20 au 26 novembre (pendant le deuxième confinement) auprès d'un échantillon de 1.300 Français dont 404 jeunes âgés de 18 à 24 ans. 

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