"On a fait le plus facile en vaccinant ceux qui voulaient l'être" : coup de frein dans les centres

Un cap a été franchi aujourd'hui dans la vaccination. 50% de la population, tous âges confondus, a reçu au moins une première dose de vaccin. Mais au fil des semaines, le rythme de vaccination baisse. Comment faire pour convaincre les hésitants ?

CAMPAGNE VACCINALE - Le seuil des 50% de Français primo-vaccinés a été franchi ce mardi 29 juin. Mais le nombre de rendez-vous pour une première dose baisse en ce début d’été, inquiétant les autorités. Comme à la mairie du 17e arrondissement de Paris, qui ouvre de moins en moins de créneaux.

Depuis le 18 mars dernier, la salle Jacques Chirac est méconnaissable. Au premier étage de la mairie du 17e arrondissement de Paris, on vaccine à la chaine bien qu’il y ait peu de monde en ce début de semaine. Et à raison : peu de créneaux ont été ouverts par la mairie qui préfère jouer la prudence. Avec cinq boxes de vaccination et tout autant de médecins et d’infirmières, les bras peuvent vite venir à manquer. 

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Covid-19 : le défi de la vaccination

"C’est bon pour vous ?", interroge la jeune femme chargée de l’accueil, avant de prendre la température de chaque personne honorant son rendez-vous. "Oui mais c’est quel vaccin ? -C’est le Pfizer. De toute façon, on ne fait que le Pfizer ici." "Merci de préparer carte d’identité et carte vitale", indiquent des affiches scotchées sur les murs de l’entrée. Malgré l’ouverture de la campagne à tous les Français de plus de 12 ans depuis deux semaines, la moyenne d’âge est étonnamment élevée. C’est que la majorité des patients n’en sont pas à leur coup d’essai. 

"Il doit y avoir entre 60 et 75% de secondes doses", nous confirme Jean-Paul Sery, directeur de cabinet de la mairie du 17e. Il explique aisément le phénomène : "Si vous devez faire vos deux vaccins actuellement, le rappel tombe au mois d’août. Or, les gens partent en vacances. Je suis persuadé qu’à la rentrée, il va y avoir de nouveau une pression énorme". Mais pour l'instant, Jean-Paul Sery concède qu'un temps mort entache la campagne. "L’autre jour, on a ouvert des créneaux qui ont eu beaucoup de mal à se remplir. Il fut un temps où l’on ouvrait des créneaux sur Doctolib qui étaient pris en une heure et demie, grand maximum".

3000 vaccinations par semaine

Aux prémices de l’été, ce sont surtout les rendez-vous pour recevoir une première injection qui ont chuté. Et ce depuis un mois, selon le docteur Sydney Sebban, installé derrière son bureau du box numéro 3. "Des centres comme celui-là tournent à plein mais essentiellement sur des deuxièmes doses", avance le pédiatre qui trouve le temps de fermer son cabinet une à deux fois par semaine pour venir aider au centre des Batignolles. "Pendant les premiers mois de la campagne, on vaccinait des personnes qui percevaient mieux leur fragilité et leur niveau de risque vis-à-vis de la maladie. Aujourd’hui, on touche des populations pour qui la perception de la maladie est moins prégnante. Ces générations plus jeunes se disent que le fardeau de la maladie est tout à fait tolérable."

À la mairie, un peu moins de 600 vaccinations sont effectuées chaque jour. Soit 3000 par semaine, bien loin des 20.000 rendez-vous hebdomadaires pris au vaccinodrome de la Porte de Versailles, au sud de Paris. D’ailleurs ce mardi 29 juin, les cinq boxes installés à la mairie ne sont pas tous occupés. Dans la salle divisée en deux, on se fait vacciner à droite et on se repose à gauche. "Si j’ai attendu 15 minutes, je peux y aller ?", demande une dame d’un ton pressé. Dans le calme estival, tout l’enjeu est de faire passer le bon message, reprend le pédiatre. Car la campagne est loin d’être terminée : "Nous, professionnels de santé, sommes convaincus que le plus dur reste à venir. Il va falloir chercher les quelques pourcentages de couverture vaccinale qui nous manquent avec beaucoup d’énergie. On a fait jusqu’ici le travail le plus facile en vaccinant ceux qui voulaient être vaccinés. Il va falloir réexpliquer, livrer les bons messages. C’est un travail considérable." 

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Rehaussant ses lunettes rondes, le docteur Sebban ne perd pas de vue son objectif premier -vacciner- et se remet au travail aussitôt notre discussion terminée. En effet, des patients attendent sur la chaise près du box, questionnaire rempli en main. Parmi eux, un jeune homme, préférant garder l’anonymat, fait partie de ces rares aspirants à une première vaccination. D’abord hésitant à venir à l’approche des vacances, sa copine a achevé de le convaincre. Un aller-retour express à Paris a donc été acté pour respecter le rendez-vous. Ce mardi soir, un Français sur deux a reçu au moins une première dose d'un vaccin contre le Covid. Selon les scientifiques, 80 à 90% de la population devra être vaccinée pour développer une immunité de groupe efficace face aux variants du virus.

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