Un an après, le virus fait-il moins peur ?

Un an après, le virus fait-il moins peur ?

ÉPIDÉMIE – Depuis un an, les Français se sont habitués à vivre au rythme de l’épidémie. Conséquence : l’appréhension face au Covid-19 s’est estompée et la vigilance a baissé, ce qui se traduit notamment par un moindre respect des gestes barrières.

Les récentes images du carnaval organisé dans les rues de Marseille ont provoqué l’indignation des élus de la région et du corps médical. Dimanche 21 mars, ce sont plus de 6500 personnes qui ont rejoint ce joyeux cortège, la plupart dépourvues de masques et faisant fi des règles de distanciation sociale. Si cet événement ne fait pas la règle - les manifestations de contestation  s’accompagnent en général des gestes barrières -, il interroge sur la vigilance de la population face au Covid-19. 

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Covid-19 : déjà un an de pandémie...

Les effets de la pandémie, sources d'inquiétude

Un indicateur dévoilé par Le Parisien il y a quelques jours permet de se rendre compte de l’état général des troupes : celui du taux d’inquiétude de la population à propos de l’épidémie, surveillé de près par le gouvernement. Si au printemps 2020, 80% des Français interrogés se disaient inquiets pour eux et leurs proches, aujourd’hui, ils ne sont plus que 51% à ressentir une certaine appréhension par rapport au Covid-19. 

Car au bout d’un an de pandémie, il a fallu, pour éviter de cumuler les périodes de reconfinement, apprendre à "vivre avec le virus", nous a-t-on répété pendant des mois. Cohabitation qui n'a pas empêché de nouvelles "mesures de freinages". D’autres inquiétudes sont venues remplacer l’unique préoccupation sanitaire : le manque de perspectives liées à l’avenir, l’absence de vie sociale sur le long terme et les effets psychologiques qui en découlent. Dans son avis du 11 mars, le Conseil scientifique n'a pas manqué d'alerter sur "la santé mentale des Français [qui] s’est dégradée avec des niveaux élevés d’états anxieux ou dépressifs, corrélés aux périodes de confinement et aux mesures de restriction". 

Parfois, cet état d’exaspération peut se traduire par des réactions extrêmes. On peut citer l’opposition à tout éventuel reconfinement général, qui s’est propagée à plusieurs reprises depuis le début de l’année avec le mot-dièse #JeNeMeConfineraiPas. Relayé d’abord sur Twitter par des "covid-sceptiques", comme le raconte Libération, le phénomène a largement repris à chaque nouvelle menace d’une mise sous cloche. 

Le besoin de contact fait partie de notre façon de vivre- Isabelle Bonmarin, Santé Publique France

De manière générale, la population se soumet tout de même aux restrictions sanitaires : par exemple, 79% des Français interrogés par Santé Publique France (SPF) à la mi-février déclaraient éviter de sortir pendant le couvre-feu. Mais la lassitude guette. Et celle-ci s’accompagne d’une négligence dans le respect des gestes-barrières, constate SPF. Dans ses derniers bulletins hebdomadaires, l’organisme de santé relève "une baisse mineure sur des mesures d’hygiène et une baisse plus conséquente du respect de la distance entre individus".  

Si SPF précise que cette dernière baisse "est probablement liée au passage de cette distance de 1 à 2 mètres", une nouvelle enquête du projet CoviPrev réalisée à la mi-mars doit venir confirmer ou infirmer cette tendance dans la semaine. "Il y a un phénomène de relâchement qui est humain", nous explique Isabelle Bonmarin, responsable de l’unité de prévention des risques infectieux et environnementaux à Santé publique France. "Nous ne sommes pas habitués à être si éloignés les uns des autres, le besoin de contact fait partie de notre façon de vivre." 

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Sauf que ce relâchement général n’est pas sans conséquence sur la circulation du virus, comme le pointe le Conseil scientifique en se fondant sur l'étude ComCor de l’institut Pasteur : "Les patients s’isolent trop tard, attendant le résultat du test au lieu de s’isoler dès le début des symptômes, et ne protègent pas assez les membres de leurs foyers. 37% des personnes source de l’infection sont symptomatiques lorsqu’elles contaminent quelqu’un hors de leur domicile". Aujourd'hui en France, 31.466 nouveaux malades du Covid sont diagnostiqués chaque jour en moyenne, un chiffre en hausse de 31% par rapport à la semaine dernière.

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