Nouveau protocole sanitaire à l’école : "En termes logistiques, cela pose beaucoup de questions"

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RÉACTIONS - Publié mercredi matin sur le site de l'Éducation nationale, le protocole sanitaire pour 2021-2022 prévoit notamment qu'à la rentrée, collégiens et lycéens non vaccinés restent chez eux s'ils sont cas contact Covid. Les syndicats redoutent de "gros problèmes organisationnels".

À la rentrée, collégiens et lycéens non vaccinés resteront chez eux s'ils sont cas contact Covid, tandis que les classes resteront fermées dès le premier cas en primaire. C'est, en substance, ce que prévoit le protocole sanitaire pour 2021-2022 publié mercredi matin sur le site de l'Éducation nationale et détaillé dans la foulée par le ministre Jean-Michel Blanquer.

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Pour tenter de maintenir ouverts toute l'année les établissements, le nouveau protocole comprend quatre scénarios en fonction des degrés de circulation du virus, avec des mesures adaptées : 1 = vert, 2 = jaune, 3 = orange, 4 = rouge. Le port du masque est obligatoire en intérieur à partir du collège, quel que soit le scénario. Au niveau 1, il ne l'est plus en primaire mais "je crains que ce ne soit pas ce scénario-là à la rentrée", s'est avancé le ministre. Au niveau 2, les activités physiques et sportives en intérieur seront possibles, mais avec une distanciation de 2 mètres. À partir de l'orange (3/4), l'alternance présentiel/distanciel sera exigée pour les lycées quand elle est possible et le brassage à la cantine sera limité dans le primaire.

"Il faut de l'anticipation et de la clarté"

"Ces scénarios et ce code couleurs, cela semble plus lisible pour les personnels au quotidien que des mesures au cas par cas avec la 'foire aux questions' de plusieurs dizaines de pages qui les accompagnait", réagit pour LCI le président du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc), Jean-Rémi Girard. "Il faut de l'anticipation et de la clarté, la grande question étant de savoir quand on passe d'un scénario à l'autre, qui prend la décision de passer du jaune à l'orange par exemple", nuance-t-il toutefois. "On aimerait que ça soit assez clair et être prévenu suffisamment à l'avance si possible", insiste-t-il, rappelant que "ça a été l'une des principales sources de tension l'an dernier avec notamment une grève fin novembre".

S'agissant de la vaccination des élèves, le représentant syndical se montre plus sceptique. "On ne s'interroge pas sur la pertinence sanitaire de la décision, mais en termes logistiques, cela pose beaucoup de questions", explique-t-il, ajoutant qu'"à première vue, cela ne nous parait pas simple". Il illustre : "les élèves non vaccinés sont évincés pendant sept jours. Cela soulève toute une série de problèmes, sachant qu'en pratique, il n’y aura pas de cours en distanciel. On risque de se retrouver avec des problèmes pédagogiques".

"Qui va contrôler le statut vaccinal des élèves ?"

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, qui approuve le principe d'une vaccination massive, prédit de "gros problèmes organisationnels" elle aussi. "Comment fait-on pour les élèves de 6e qui ont pour une partie d'entre eux moins de 12 ans et ne sont pas donc pas éligibles à la vaccination ?" seulement ouverte à partir de 12 ans, a-t-elle détaillé à l'AFP. Quant aux "12-16 ans, qui ont pu commencer la vaccination plus tardivement que les autres et sont donc encore loin d'atteindre des chiffres importants, seront-ils concernés dès septembre ? Qui va contrôler le statut vaccinal des élèves ?", s'interroge-t-elle encore, au même titre que Jean-Rémi Girard. 

"On a, a priori, pas accès au statut vaccinal de l'élève et on ne demande à y avoir accès, mais la question se pose si on fait le contact tracing", explique ce dernier, notant au passage que l'éviction des élèves risque en soi de dévoiler ce statut. "Cela risque d'ailleurs de susciter des tensions au niveau des familles", présage-t-il.

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Pas de changement en revanche dans les écoles primaires par rapport à l'année écoulée : chaque classe fermera pour sept jours dès le premier cas. "Cette mesure, on l'attendait. Elle est de nature à rassurer les équipes, car c'est la seule qui a permis l'an dernier d'éviter des contaminations", réagit Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire.

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