Covid-19 : peut-on espérer en finir avec le masque obligatoire en extérieur dès le 9 juin ?

Covid-19 : peut-on espérer en finir avec le masque obligatoire en extérieur dès le 9 juin ?

PERSPECTIVES - L'allégement des restrictions qui accompagnera dès la semaine prochaine une nouvelle phase du déconfinement en France signera-t-elle enfin la fin du masque dans les rues de l'Hexagone ? On fait le point.

Nombre de Français vaccinés en rêvent. La fin du port du masque obligatoire à l'extérieur se concrétisera-t-elle prochainement dans l'Hexagone alors que la décrue de l'épidémie se poursuit et qu'une étape cruciale dans la campagne vaccinale vient d'être franchie ? Et si c'était pour le 9 juin, date à laquelle la France doit entrer dans une nouvelle phase de son déconfinement avec une levée de restrictions à la clé ?

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Le gouvernement est jusque-là resté flou concernant la levée de cette obligation dans le courant de l'été, mais de plus en plus de spécialistes se montrent, eux, optimistes quant à la voir effective à court terme. A quelles conditions ? On fait le point.

Une réalité dès début juin ?

Parmi ces optimistes, le Pr Pierre Parneix, médecin hygiéniste et de santé publique au CHU de Bordeaux, anticipe dans Le Parisien qu'on pourra enlever le masque "à partir de début juin", dans certains endroits peu denses, "si la dynamique positive se confirme". Et ce à condition de continuer à appliquer les autres gestes barrière : désinfection des mains, distanciation surtout pour les non-vaccinés. "Il est trop tôt pour dire on le lâche le port à l’extérieur. À l’intérieur, n’en parlons même pas ! Mais la pression épidémique étant de moins en moins forte, sans doute va-t-il falloir réévaluer son utilité, notamment dans certaines zones à l’air libre", confie de son côté l’entourage du ministre de la Santé au quotidien.

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La France va "bientôt" arriver à un point où le masque ne sera plus obligatoire en extérieur, avait déclaré le 17 mai dernier le ministre de la Santé Olivier Véran sur BFMTV, interrogé par la chaîne à propos de cette échéance. "Si la circulation du virus continue à baisser, ça va être rapidement envisagé", a-t-il ajouté sans vouloir donner de date. Mais cela ne vaudra que dans certaines situations a-t-il insisté. "Quand vous êtes dehors, dans le centre d'une grande ville, avec plein de boutiques, vous allez faire la queue dehors, vous allez manger, vous allez croiser des gens, etc. Là, tant qu'on n'a pas un niveau de couverture vaccinale adéquat, il paraît plus prudent de maintenir l'obligation de port du masque", a détaillé le ministre. En revanche, "si vous êtes seul ou quelques-uns dans un très grand espace, très aéré comme une plage, une montagne, une forêt, un parc, une rue déserte, là on doit pouvoir être rapidement amené à revenir sur l'obligation du port du masque dans cette situation", selon lui. Le 4 mai dernier alors que la France entamait la première phase de son déconfinement, le ministre avait déjà été interrogé sur ce point. "J’espère que ça sera cet été. J’espère sincèrement que ce sera cet été", avait-il déclaré sur Europe 1. 

Pourquoi ce pourrait être pertinent... ?

Si aucune date n'est arrêtée pour l'heure, de nombreux scientifiques s'accordent désormais à dire que le risque de transmission du Covid-19  est moindre à l'air libre et que se trouver dans une pièce en intérieur est plus risqué car l'air y est alors comme emprisonné, notamment lorsqu'elle n'est pas aérée. "Pour être infecté, il faut une charge virale suffisante. Ce n'est théoriquement pas impossible, mais, depuis le début de l'épidémie, aucun cluster à l'extérieur n'a été documenté", avait notamment reconnu  le directeur de l'Institut de santé globale à Genève, Antoine Flahaut, dans le JDD le 2 mai.

Plusieurs études sont d'ailleurs venues renforcer cette idée au cours de l'année écoulée, en montrant que la vaste majorité des contaminations se produisent lors d'un contact en intérieur avec une personne infectée. En plus d’un an de pandémie, seuls quelques clusters ont été détectés à ciel ouvert dans les pays occidentaux. En France, le village de Cournonterral (Hérault) a recensé 30 cas de Covid-19 après le rassemblement de 100 personnes durant la fête des Pailhasses, début février. 

D’autres contaminations en terrasse, au Royaume-Uni par exemple, ont été recensées. Mais ces épisodes restent rarissimes. Sur 318 clusters en Chine, un seul s’est produit en extérieur, selon une étude parue en juillet 2020. En Irlande, environ 0,1% des cas confirmés résultent de contaminations en plein air, selon le Health Protection Surveillance Centre, département statistique des services de santé irlandais. Publié en septembre 2020, le rapport d'un chercheur de l’université de Canterbury, au Royaume-Uni, fait état d’environ 6% de contaminations à l’air libre. Ce serait plutôt 10%, selon une étude plus récente, publiée le 15 février dernier, dans la revue Journal of infectious Diseases.

... ou au contraire prématuré ?

Si le risque de contamination à l'air libre est moindre, il n'est pour autant pas nul. "Les contaminations peuvent avoir lieu dans des zones de fort brassage où des personnes sans masque se retrouveraient proches. Les marchés, les foules... Bref quand la distance de plus d'un mètre ne peut être respectée", détaille auprès de L'Express Christian Rabaud, médecin infectiologue au CHU de Nancy. "Pour une personne se promenant seule, ou quasiment seule, il n'y a aucun risque à transmettre le virus", poursuit-il. Et de conclure : "Le message ne doit pas être : 'Parce qu'on est à l'extérieur, il ne peut rien se passer', même s'il est bien moindre, le risque n'est pas nul". Pour cette raison, certains experts avancent que l'intérêt de rendre le port du masque obligatoire à l'extérieur est de simplifier le message à destination du public.

"Il est encore trop tôt pour l’abandonner même à l’extérieur",  estime également Patrick Chamboredon, président de l’Ordre des infirmiers. Et de détailler : "Tant que l’immunité collective n’est pas atteinte, il faut rester prudents. Certes, les réas se désemplissent, mais cet été, les soignants seront confrontés à une forte activité avec toutes les reprogrammations. Se relâcher maintenant, c’est prendre le risque de voir l’épidémie flamber à nouveau !"

Vers une levée partielle ?

Alors qu'une saisine du Haut Conseil de la santé publique (HCSP), qui aide aux décisions sanitaires, n'est pas exclue sur la question, le professeur Didier Lepelletier, coprésident de son groupe de travail Covid-19, estime qu'il faudrait diviser l’extérieur. "En clair, ce serait : si vous êtes seul, ne portez pas de masque, vous n’avez personne à protéger. Si vous êtes entouré d’une forte densité de personnes, continuez à le mettre", résume le spécialiste de la prévention et du contrôle des infections au CHU de Nantes (Loire-Atlantique) auprès du Parisien.

Si dans d'autres pays, la levée du port du masque à l'extérieur est déjà une réalité, il n'est pas forcément opportun de comparer. "Se comparer par exemple aux États-Unis n’est pas une bonne idée. Ils ont un trimestre d’avance sur nous sur la vaccination. Nous commençons juste celle des 20-40 ans qui est la population qui transmet le plus", rappelle encore Didier Lepelletier. Il en est de même concernant Israël, où il n'est plus obligatoire de porter le masque dehors depuis le 18 avril, soit deux mois après le début déconfinement dans l'état hébreux. 

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