Pour Arnaud Fontanet, le variant britannique pourrait peser sur notre système de santé au printemps

Pour Arnaud Fontanet, le variant britannique pourrait peser sur notre système de santé au printemps

ÉPIDÉMIE - Le professeur Arnaud Fontanet, invité du Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro, a estimé dimanche que le variant britannique du Covid-19 pourrait devenir majoritaire en France à partir du mois de mars, et peser sur notre système de santé au printemps. Il préconise une "surveillance accrue" des variants et n'exclut pas le risque d'un nouveau confinement.

La France va-t-elle subir le même sort que le Royaume-Uni ? Le variant britannique, qui a augmenté de 50% la transmission du virus outre-Manche, est dans le viseur des scientifiques, qui anticipent un phénomène similaire en France. 

Alors que l'Hexagone n'a pas connu pour l'heure d'augmentation exponentielle des cas sur son territoire, le professeur Arnaud Fontanet a confirmé, dimanche au Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro, que le scénario était bien envisagé.

"Selon le scénario le plus probable, le variant anglais deviendra majoritaire en mars [en France] et les effets sur le système de santé vont se faire sentir plutôt au printemps", a estimé l'épidémiologiste de l'institut Pasteur, membre du Conseil scientifique. "C'est plutôt au mois de mars que la poussée devrait se faire sentir."

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Le couvre-feu, une "dernière chance" avant le reconfinement

"Cette augmentation de la contagiosité de 50% au Royaume-Uni est considérable et remet à plat nos moyens de contrôles de l'épidémie", a jugé le scientifique, pour qui "il faut une surveillance mondiale des variants"

Faut-il anticiper une aggravation brutale de l'épidémie et prendre des mesures plus drastiques que le seul couvre-feu à 18 heures, comme l'a suggéré le Conseil scientifique ? "Ce sont des décisions extrêmement difficiles à prendre", reconnaît l'épidémiologiste. "Le gouvernement a préféré jouer une dernière cartouche" avec le couvre-feu à 18 heures. "Le couvre-feu est peut-être la dernière chance de ne pas aller vers un confinement total."

"On part avec un niveau d'occupation des lits de réanimation qui est très élevé", a-t-il toutefois ajouté. "On n'a pas beaucoup de marge de manœuvre si l'épidémie redémarrait. Il faut vider les lits avec les mesures qui sont disponibles."

Vacciner l'ensemble de la population, enfants compris

Arnaud Fontanet a en outre défendu, comme l'immunologue Alain Fischer, une vaccination générale de la population, et non simplement des personnes vulnérables ou des adultes. 

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Arnaud Fontanet favorable à la vaccination des enfants

"Il faudrait pouvoir vacciner 8 millions de personnes avant fin mars, puis 12 millions en avril", a-t-il expliqué, rappelant que "c'est une chance incroyable de disposer de vaccins". Arnaud Fontanet s'est dit "optimiste sur une échelle de six mois" pour une vaccination de l'ensemble de la population adulte. 

"Il faudra vacciner les enfants", a-t-il conclu, invoquant la nécessité à plus long terme de réduire la transmission du virus, notamment en raison de l'arrivée des nouveaux variants plus contagieux. "Cela pourrait arriver à l'été", avec "une couverture vaccinale plus importante que prévu auparavant" allant jusqu'à "70%" de la population. "Pour moi, cela devrait être 100% de la population", a-t-il conclu.

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