Covid-19 : pourquoi des centres de vaccination atteignent un plafond de verre

Covid-19 : pourquoi des centres de vaccination atteignent un plafond de verre

VACCINATION - De nombreux centres commencent à voir la file d'attente se raccourcir. En cause, une campagne de vaccination qui porte ses fruits, mais aussi un public désormais plus difficile à atteindre.

Centre de vaccination recherche patients désespérément. Après plusieurs mois durant lesquels de nombreux Français ont cherché en vain des doses de vaccins, ces derniers ont désormais parfois du mal à trouver preneurs. Un phénomène qui n'inquiète pas encore les autorités, lesquelles avancent plusieurs explications.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Si le rythme de la vaccination reste soutenu dans le pays, avec une progression constante dans les tranches des 50-59 ans et des 60-69 ans, et une hausse très forte (+6% depuis l'ouverture fin mai) chez les 18-49 ans, le constat est unanime aux quatre coins du pays : un plafond de verre commence à être atteint. Par exemple, au centre de Saint Quentin en Yvelines où, selon des images filmées par LCI, un seul box était utilisé ce vendredi vers 14h. Selon le médecin coordinateur des lieux, le centre vaccine 4000 personnes dans un bon jour. Or, depuis 48h, ce chiffre s'établit autour de 2000.

"C'est normal d'avoir une décroissance"

Le responsable de l'Agence de santé d'Ile-de-France, Aurélien Rousseau, a, lui aussi, noté un récent ralentissement des prises de rendez-vous. "Petite alerte et coup d'émotion : il reste des créneaux de vaccination dans beaucoup de centres", a-t-il tweeté mercredi, en appelant à "marquer des points décisifs face au virus". Ce vendredi 11 juin, le médecin et ancien journaliste de télévision Jean-Daniel Flaysakier a évoqué lui aussi dans un tweet "de plus en plus de créneaux non pris", en s'inquiétant que "la vaccination semble intéresser de moins en moins de monde en Touraine".

Comment expliquer cette baisse d'activité ? Interrogé sur LCI, Jean-Michel Fourgous, président de l'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, a estimé que la situation était désormais sous contrôle. "Notre objectif est atteint, c'est normal d'avoir une décroissance. On a vacciné 80% de la cible, c'est normal. Les 20% restants sont difficiles à aller chercher. Mais si ce centre descend à environ 1000 vaccinés par jour, cela fera cher la vaccination. On réfléchit, on ajuste au jour le jour".

La crainte d'une baisse de l'activité à cause des vacances d'été

Les chiffres sur le plan national témoignent, eux aussi, d'une vaccination qui s'est généralisée sur le territoire. Avec un rythme quotidien de près de 400.000 primo-vaccinés, l'objectif de 57% de la population adulte ayant eu au moins une dose à la mi-juin se rapproche d'ailleurs à vue d'œil. Jeudi soir, Santé Publique France a annoncé que 29.444.218 personnes avaient reçu au moins une injection (56,1% de la population majeure), et que près de 15 millions étaient complètement vaccinées, soit un cinquième de la population.

Autre raison à cette baisse de fréquentation dans les centres : certains Français veulent reculer la date de leur première injection à cause du délai à respecter entre les deux doses. Ce délai impacterait en effet les dates de leurs vacances, les poussant à opter pour une première piqure seulement en septembre. Selon la Direction générale de la Santé (DGS), une autre explication est à prendre en compte : "La plus faible appétence de la population active pour les créneaux en semaine". Raison pour laquelle l'exécutif a demandé aux centres de vaccination d'élargir l'amplitude horaire d'ouverture pour que les Français puissent aller se faire vacciner le soir, après le travail.

Les plus âgés sont difficiles à convaincre

Certains citoyens seraient, en outre, difficiles à atteindre. Notamment les plus âgés. "Il y a un plafonnement chez les plus de 75 ans, à environ 80% de vaccinés", en dépit d'initiatives locales pour aller les chercher et les vacciner à domicile, a souligné l'épidémiologiste Pascal Crépey, interrogé par l'AFP. Daniel Levy-Bruhl, de l'agence Santé Publique France, a reconnu "un point de préoccupation", car les vaccinations progressent "de 1% mais pas plus" chez les sujets les plus âgés ; ce qui "est insuffisant". D'autant qu'une seule dose ne suffit pas à assurer une protection optimale. 

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Surtout que l'épidémie, maitrisée, ne serait cependant pas terminée. Les autorités redoutent une quatrième vague à l'automne. Le Pr Jean-François Delfraissy, président du comité scientifique Covid-19, estime qu'elle serait vraisemblablement "différente" des précédentes, car elle fera face au "bloc des vaccinés" qui devrait ralentir la progression du nouveau variant Delta (auparavant appelé "indien").

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