Rappel vaccinal : calendrier, public concerné... ce qui vous attend en septembre

Rappel vaccinal : calendrier, public concerné... ce qui vous attend en septembre

CAMPAGNE VACCINALE - La perspective d’une dose de rappel des vaccins contre le Covid-19 se dessine de plus en plus précisément en France. Particulièrement par les personnes âgées et vulnérables, pour qui une troisième injection sera d’ores et déjà proposée dès septembre.

Et de trois ? Alors que l’efficacité des vaccins anti-Covid chute face à la propagation du variant Delta, une troisième dose commence à s’imposer comme une solution de repli pour une partie de la population. Un rappel sera proposé dès septembre en France pour les personnes âgées et les plus à risque, a indiqué ce jeudi 26 août le Premier ministre Jean Castex au micro de RTL.  

Cette annonce fait notamment suite à une étude publiée par les Centres de préventions des maladies (CDC), la principale agence fédérale de santé américaine. Cette dernière a indiqué mercredi 25 août que l'efficacité des sérums Pfizer et Moderna avait décliné à la suite de la propagation du variant Delta, passant de 91 % à 66 % depuis que son apparition. 

Un variant beaucoup plus contagieux responsable d'une quatrième vague qui a porté le nombre de patients dans les services de soins critiques en France à plus de 2.000 depuis quelques jours, contre moins de 1.000 début juillet. Au niveau national, "nous pourrions avoir atteint le pic de réanimation dans quelques jours", a assuré lundi 23 août le ministre de la Santé Olivier Véran sur BFMTV. La situation reste notamment très préoccupante en Guadeloupe, en Martinique et en Polynésie, où la couverture vaccinale est nettement plus faible que la moyenne et où les hôpitaux sont saturés.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Une 3e dose le 13 septembre en Ehpad, le 1er septembre pour les plus de 65 ans avec comorbidités

Face à cette reprise du nombre d'hospitalisations, les personnes âgées et vulnérables pourront inaugurer une campagne vaccinale de rappel. "La protection chez les plus âgés baisse, donc il faut une troisième dose", a alerté Jean Castex sur RTL ce mardi 26 août. Autour du 12-13 septembre, un "redémarrage de la campagne systématique, après recueil du consentement" concernera les résidents en Ehpad. Matignon a ensuite précisé qu'elle débuterait bien le lundi 13 septembre.

Le Premier ministre s’est appuyé sur les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS), qui a préconisé le mercredi 26 août "une dose de rappel avec un vaccin à ARNm (Pfizer ou Moderna, ndlr) pour les personnes de 65 ans et plus", comme les résidents des Ehpad, "ainsi que pour les personnes présentant des comorbidités qui augmentent le risque de formes graves de Covid-19". Après quelques mois, "les études récentes suggèrent une réduction de l'efficacité de tous les vaccins, en particulier contre le variant delta", a-t-elle justifié, même si cette diminution "nécessite d'être confirmée par d'autres études et à plus long terme"

Quant aux plus de 65 ans présentant des comorbidités, la prise de rendez-vous pour une troisième dose sera possible dès le 1er septembre. Mais la HAS informe que le délai à respecter entre la deuxième et la troisième dose doit être d’environ six mois, a rappelé le Premier ministre. Par ailleurs, ceux qui ont reçu la dose unique du vaccin Janssen, pourront obtenir une dose de rappel par une injection d'un vaccin à ARN messager, soit celui de Pfizer ou de Moderna, quatre semaines après la première dose. 

Au total, 18 millions de personnes seraient concernées par ce rappel, avait estimé le ministère de la Santé mardi 24 août lors d'un point presse en ligne, précisant que "la prise de rendez-vous va pouvoir commencer lundi prochain". "Un premier cercle" de 6 millions de bénéficiaires sera constitué par les résidents d'Ehpad et d'unités de soins de longue durée (USLD), l'ensemble des personnes de plus de 80 ans ainsi que les malades à très haut risque de forme grave de Covid et les patients immunodéprimés, a détaillé le ministère de la Santé mardi. Un second cercle composé des 65-79 ans et des porteurs de comorbidités représente 12 millions supplémentaires, a-t-il ajouté. 

Vers une troisième dose pour l’ensemble de la population ?

La HAS propose d’ailleurs de "simplifier le parcours vaccinal" des personnes concernées "en administrant le vaccin contre la grippe et celui contre la Covid de manière concomitante" à partir de fin octobre. Quant aux personnes immunodéprimées, elles pourraient recevoir une quatrième dose, car 100.000 d’entre elles ont déjà reçu leur troisième dose, recommandée depuis le 5 mai.

En ce qui concerne le grand public en revanche, aucune décision n’a pour l’heure été prise. Mais "il n'est pas exclu qu'on aille sur un rappel" pour l’ensemble de la population, a estimé le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, sur Europe 1 ce jeudi 26 août. "Je ne m'appuie pas sur des données scientifiques solides, que les choses soient bien claires (...) Il n'y a aucune vérité acquise, a-t-il prudemment avancé. On voit arriver des variants, on est obligé de revisiter notre vision." Pour autant, "la priorité est de vacciner les personnes qui ne le sont pas, et surtout les plus de 65 ans qui ne sont pas vaccinées", a-t-il nuancé. 

De son côté, la HAS estime qu'une troisième dose n'est pas, pour l'heure, recommandée à l'ensemble de la population, mais considère qu’une "dose de rappel deviendra probablement nécessaire au cours des mois qui viennent sans qu’il soit encore possible à ce stade de se prononcer précisément, ni sur la population cible ni sur le calendrier". Mais encore une fois, "la priorité pour les prochaines semaines est de tout mettre en œuvre afin d'augmenter la couverture vaccinale", a tout de même fait valoir l'institution indépendante, "en particulier dans la classe d'âge des plus de 80 ans" dont 21,1% ne sont pas encore vaccinés, "malgré leur grande vulnérabilité face à la maladie".

Une campagne vaccinale précipitée pour certains scientifiques

Des réserves partagées par plusieurs scientifiques, qui craignent une précipitation du gouvernement dans la course à la troisième dose. "Je trouve qu'on va très vite vers cette troisième dose sans avoir la preuve irréfutable que cela soit strictement nécessaire", a affirmé l'épidémiologiste Martin Blachier sur LCI ce jeudi 26 août. "Le gouvernement est beaucoup plus allant sur cette troisième dose que ne le sont les experts scientifiques et la Haute autorité de santé", a-t-il estimé. 

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’est également montré frileuse face au lancement d’une telle campagne vaccinale. "Les données actuelles n’indiquent pas que les rappels sont nécessaires", a déclaré Soumya Swaminathan, scientifique en chef de l’agence onusienne, au cours d’un dernier point presse le 18 août à Genève, en Suisse. 

Par ailleurs, l’institution recommande de se concentrer d’abord sur la vaccination de zones qui ont encore peu vacciné leur population. "Le virus évolue et il n'est pas dans l'intérêt des dirigeants de se concentrer sur des objectifs nationalistes étroits alors que nous vivons dans un monde interconnecté et que le virus mute rapidement", a estimé le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Proposer cette troisième dose reviendrait à "distribuer des gilets de sauvetage supplémentaires à des personnes qui en ont déjà un, pendant que nous laissons d'autres personnes se noyer sans le moindre gilet de sauvetage", a illustré de son côté le directeur des urgences de l'OMS, Mike Ryan. 

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"L'OMS ne s'oppose pas à la dose de rappel, elle dit de prioriser les dons de vaccins, s’est défendu de son côté le ministère de la Santé au JDD le 24 août. La France fait les deux : des rappels et des dons de vaccins. Nous souhaitons protéger notre population avec ce rappel vaccinal."

Pour l’heure, près de 47,7 millions de Français ont déjà reçu une première dose de vaccin, soit 71% de la population, dont 42 millions ont atteint un schéma vaccinal complet au 24 août, selon les données agrégées par le site CovidTracker. Pour rappel, la vaccination avait été ouverte mi-février aux personnes avec des comorbidités âgées d'au moins 50 ans, puis le 1er mai sans limite d'âge. Quant à la population générale, la limite d'âge avait été abaissée à 70 ans fin mars puis 60 ans mi-avril.

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