Vaccination obligatoire au 15 septembre pour les soignants : course contre la montre à l'hôpital

Vaccination obligatoire au 15 septembre pour les soignants : course contre la montre à l'hôpital

VEILLÉE D'ARME - Comme les soignants libéraux, pompiers ou ambulanciers, les personnels des hôpitaux et maisons de retraite médicalisées seront soumis à l'obligation vaccinale dès ce mercredi. À la veille de la date butoir, les établissements sont sur le qui-vive.

Combien de professionnels manqueront à l'appel, suspendus faute d'avoir respecté la règle ? La question est sur toutes les lèvres à la veille de l’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale pour le million de professionnels exerçant dans un établissement de santé. À compter du 15 septembre, les personnels des hôpitaux et maisons de retraite médicalisées devront, au même titre que les soignants libéraux, aides à domicile, pompiers et ambulanciers, pouvoir justifier d’un schéma vaccinal complet, ou avoir reçu au minimum une première dose de vaccin et dans ce cas, justifier d’un test négatif toutes les 72 heures.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Selon le dernier bilan de la Direction générale de la Santé (DGS), au 12 septembre, deux mois presque jour pour jour après l'ultimatum fixé par Emmanuel Macron, près de 89% des soignants avaient reçu au moins une dose dans les hôpitaux et les Ehpad, contre près de 95% parmi les libéraux. Au total, quelque 300.000 professionnels de santé - sans compter les pharmaciens - n'avaient toujours pas été vaccinés. 

"Pas de vue exhaustive"

À l'hôpital, en attendant l'heure de vérité, de simples estimations, à manier avec prudence, font foi faute de mieux. "Les établissements eux-mêmes n'ont pas de vue exhaustive sur le statut vaccinal de leurs agents", reconnaît Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France (FHF). Les Hôpitaux de Paris (AP-HP) font état pour leur part d'"au moins 83%" de personnels vaccinés au 8 septembre, un chiffre "très sous-estimé" selon l'institution.

Les chiffres auraient encore grimpé ces derniers jours avec ce lundi près de 95% de personnels à jour de leur obligation aux Hospices civils de Lyon, 91% au CHU de Toulouse, ou encore plus de 95% à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, selon les compteurs des directions d’hôpitaux cités par Le Monde.

"L’affaire de cas particuliers"

"Les suspensions seront l’affaire de cas particuliers, l’hôpital ne sera pas à terre le 15 septembre", assure au quotidien le professeur François René-Pruvot, à la tête de la Conférence des présidents de commissions médicales d’établissement des centres hospitaliers universitaires (CME-CHU), qui comptabilise une majorité de CHU au-dessus de 90% de personnels à jour de leur obligation. Pour autant, "cela peut être très compliqué de remplacer certains soignants, car nous sommes déjà dans un contexte de tension sur les effectifs, avec un absentéisme un peu plus fort que l’an dernier", prévient-il.

Du côté des infirmiers et des sages-femmes, la DGS fait respectivement état mardi de 91% et 88% de professionnels vaccinés. Concernant les ambulanciers, la Fédération nationale de la mobilité sanitaire (FNMS) recensait fin août 87% de salariés vaccinés ou en passe de l'être. A contrario, "13% de la profession ne serait pas vaccinée et ne souhaiterait pas l'être", s'inquiète son président Thierry Schifano, qui dit avoir "tiré le signal d'alarme" auprès du ministère de la Santé.

"On verra le jour dit"

"Certains vont instrumentaliser des cas particuliers pour essayer de faire croire qu'il y a des bataillons entiers de soignants réfractaires", prédit le président de la FHF, Frédéric Valletoux. Tablant sur "quelques centaines" de suspensions dans les hôpitaux publics, il soutient la ligne intransigeante des pouvoirs publics, convaincu qu'"il n'y a de réponse que la fermeté".

"On ne peut pas dire tout l'été aux personnels qu'ils risquent d'être suspendus et ne pas le faire", abonde Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Synerpa, fédération des Ehpad privés. "L'inquiétude est plus importante dans le secteur des personnes âgées" qu'à l'hôpital, souligne la Fehap, fédération du secteur privé associatif. Sa présidente, Marie-Sophie Desaulle, résume l'état d'esprit général : "On verra le jour dit les difficultés que ça pose et comment on peut y répondre."

"Convaincre jusqu'au dernier moment"

La ministre déléguée à l'Autonomie, Brigitte Bourguignon, dit vouloir "continuer jusqu'au dernier moment à convaincre" dans son secteur, où elle "ne (se) résigne pas au fait que 5, 8 ou 10% des professionnels resteraient encore non vaccinés au 15 septembre".

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La CGT, l'un des principaux syndicats, qui a appelé à manifester mardi contre l'obligation vaccinale, a mis en garde contre une "catastrophe sanitaire" si les personnels réfractaires ne peuvent plus exercer. FO-Santé a pour sa part réclamé au gouvernement "un délai supplémentaire" afin de désamorcer "des situations ingérables" dans certains hôpitaux, où "des fermetures de services et de lits sont envisagées" en raison du nombre insuffisant d'agents vaccinés. 

Même le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, a demandé jeudi d'"éviter au maximum que des gens soient sanctionnés", estimant que "l'apaisement ne ferait pas de mal".

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