Covid-19 : les hôpitaux et cliniques d'Île-de-France priés de déprogrammer 40% de leurs activités

Suivant une consigne donnée par l’agence régionale de Santé d'Ile-de-France, les autorités sanitaires ordonnent aux hôpitaux et aux cliniques de déprogrammer 40 % de leurs opérations pour libérer du lit et du personnel.

EN MANQUE DE PLACE - Alors que la situation épidémique redevient critique en région parisienne, les hôpitaux et cliniques ont reçu l'ordre de déprogrammer 40% de leurs activités médicales et chirurgicales pour faire face à l'afflux de patients.

La situation se tend en Ile-de-France. Avec 973 malades du Covid-19 actuellement en réanimation pour "environ 1050 lits disponibles", "on est dans une situation de tension très forte", a déclaré à l'AFP le directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS), Aurélien Rousseau. Car "le flux reste fort", avec "70 à 80 entrées par jour en réanimation" mais moins de sorties et un solde en hausse de "35 patients par jour en fin de semaine dernière", résultat de "la très forte hausse de l'incidence il y a 15 jours", a-t-il expliqué.

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"La situation est très préoccupante avec un variant anglais" du coronavirus, plus contagieux, "qui a pris le dessus et se propage beaucoup plus rapidement", a alerté de son côté la maire de Paris Anne Hidalgo, qui s'était dite défavorable la semaine dernière, comme la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, à un confinement le week-end sur son territoire.

Arriver à 1577 lits de réanimation

À ce rythme, le palier de 1127 lits disponibles précédemment fixé - et pas atteint à ce jour - devrait être dépassé cette semaine.

Il fallait donc "réagir très vite", affirme Aurélien Rousseau. Conséquence, l'ARS d'Ile-de-France a donné "l'ordre ferme" aux hôpitaux et cliniques franciliens de déprogrammer 40% de leurs activités médicales et chirurgicales les moins urgentes pour augmenter les capacités, avec une cible désormais fixée à 1577 lits de réanimation.

Le temps que la consigne soit répercutée sur le terrain, "on espère que cet objectif sera atteint au cours de la semaine prochaine", ajoute le directeur de l'ARS, qui se dit toutefois "prêt à réajuster la cible, si le flux devient moins intensif en réanimation".

L'hôpital déborde. On est au maximum.- Mathias Wargon, chef des Urgences de l'hôpital Delafontaine (Saint-Denis)

Face à cette annonce, le chef des urgences de l'hôpital Delafontaine (Saint-Denis) Mathias Wargon s'est dit soulagé, "car c'est très difficile de trouver des lits", a-t-il déclaré ce lundi sur LCI, soulignant qu'il fallait récupérer 400 lits. "L'hôpital déborde", a-t-il déploré avant d'ajouter : "On est au maximum"

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Mathias Wargon soulagé par l'annonce de l'ARS

Si plusieurs régions n'atteignent pas la saturation hospitalière, le nombre de patients soignés dans les services de réanimation ne cesse de progresser, à 3743 dans toute la France, contre 4900 aux pics de la seconde vague et 7000 lors de la première. Dans ce contexte, les autorités sanitaires sont appelées à maintenir la cadence de la campagne de vaccination. Pendant quatre jours consécutifs, de mercredi à samedi, le nombre de piqûres quotidiennes a dépassé les 100.000 dans le pays, dont plus de 180.000 vendredi et samedi dans les centres dédiés, un rythme record. Au total, 3,7 millions de Français ont reçu au moins une dose de vaccin (soit environ 5,6% de la population), dont 1,9 million ont été vaccinés avec deux doses.

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