Au cœur de l'Ile-de-France, l’épidémie bat des records en Seine-Saint-Denis

Jean Castex en visite à l'hôpital d'Aulnay sous Bois, en Seine-Saint-Denis

ÉPIDÉMIE - De nouvelles restrictions pour l’Île-de-France doivent être annoncées ce jeudi 18 mars par l'exécutif. Si le virus circule dans toute la région, la situation inquiète tout particulièrement en Seine-Saint-Denis, où l'incidence a dépassé les 500 cas pour 100.000 habitants.

Les Franciliens sont désormais suspendus aux annonces gouvernementales, qui doivent tomber ce jeudi 18 mars à l'occasion d'une conférence de presse de Jean Castex et d'Olivier Véran. Car la situation sanitaire s’est détériorée rapidement dans la région et a provoqué en ce début de semaine une saturation des services de réanimation, ne laissant rien présager de bon pour ses 12,2 millions d’habitants. Mais voilà qu’au cœur de l'Île-de-France, un département inquiète plus que les autres tant il cumule de mauvais indicateurs. Celui de la Seine-Saint-Denis et de ses 1,6 million d’habitants : à ce jour, le taux d’incidence a dépassé le seuil des 500 nouveaux cas pour 100.000 habitant sur sept jours glissants, soit le plus haut de France. Dans la région, le taux d’incidence est estimé à 426 pour 100.000 habitants. 

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Très précisément, l’incidence en Seine-Saint-Denis est de 505,8 nouveaux malades détectés sur cette tranche de population sur la période du 7 au 14 mars. Et elle a grimpé en flèche, puisqu’on décomptait encore 442 nouveaux cas sur 100.000 habitants la première semaine de mars et 410 la semaine d’avant, selon Santé publique France. "La hausse observée du taux d’incidence était en partie le résultat d’une augmentation du taux de dépistage", pointe l’organisme dans son dernier bulletin hebdomadaire. Et parmi les tests positifs, on retrouve aujourd’hui bien plus de nouvelles souches du virus, pour beaucoup plus contagieuses que la souche classique. Le variant d’origine britannique est d’ailleurs largement majoritaire dans le département puisqu’il représente aujourd’hui 77% des contaminations, contre 71,4% au niveau national, selon les données de CovidTracker. La souche classique, elle, n’est retrouvée que dans 7,8% des cas positifs contre 14,6% à l’échelle du pays.

Des lits de réanimations occupés à 138%

Quand bien même on dépiste plus en Seine-Saint-Denis et le variant accélère les contaminations, les formes graves sont aussi plus nombreuses et la saturation des hôpitaux y est plus forte qu’ailleurs. Si aujourd’hui, on estime que la capacité hospitalière de la région parisienne est saturée avec 101% de lits de réanimation occupés, elle atteint les 128% dans le département ce jeudi après être montée à 138% mercredi. Si les évacuations sanitaires de patients graves se mettent en place, comme à l’hôpital Avicenne de Bobigny, les services se trouvent débordés et il parait difficile de tenir dans ces conditions. "Les patients, ils arrivent tout le temps, tout le temps, tout le temps. (…) Cela n’arrête jamais", raconte ainsi à France Inter une infirmière en réanimation à l’hôpital de Montfermeil.

En un an de pandémie, ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la Seine-Saint-Denis est touchée de plein fouet. Pendant la première vague épidémique, le département avait connu une surmortalité importante, de l’ordre de 130% plus importante en mars et en avril 2020 par rapport à cette période en 2019. Comme l’a souligné Le Monde dans des infographies, le département présente des facteurs de risque majeurs avec une population plus jeune (30% d’entre elle a moins de 20 ans), plus précaire, mais aussi plus atteinte de comorbidités qu’ailleurs : 25% de ses habitants de plus de 65 ans présentent du diabète quand 13% d’entre eux ont une maladie respiratoire chronique. "Si les raisons de cette fragilité sont multiples, ce sont les inégalités dont souffre la Seine-Saint-Denis à tous les niveaux qui expliquent ce terrible bilan", avait d’ailleurs alerté Stéphane Troussel, président du conseil départemental, dans une lettre adressée à Emmanuel Macron.

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Dans ce contexte actuel, alors que la vaccination avance lentement et que tous les voyants sont au rouge, les élus locaux se résignent à accepter des mesures supplémentaires. Et notamment le président du conseil départemental, qui était jusqu'ici opposé à tout éventuel reconfinement. Sur franceinfo, Stéphane Troussel s’est dit favorable ce mercredi 17 mars à des "restrictions supplémentaires" si celles-ci sont "très proportionnées", voire à un éventuel confinement partiel ou total de l’Ile-de-France. 

L’élu socialiste a également milité pour que la campagne de vaccination monte d’un cran en Seine-Saint-Denis, alors que ses habitants sont moins vaccinés que la moyenne. Selon CovidTracker, 5,4% des habitants du département ont reçu une première dose d’un vaccin contre le Covid-19, contre 7,9% de la population française. 

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