Une bonne fois pour toutes, doit-on dire "le" ou "la" Covid ?

Les recommandations linguistiques officielles se sont souvent heurtées aux usages.

DILEMME - Médias, institutions et citoyens continuent à se poser la question : faut-il féminiser le Covid-19 ? Derrière les recommandations, c'est bien l'usage qui s'impose et fait pencher la balance vers le genre masculin.

En écrivant, "le" Covid dans cet article, un correcteur orthographique souligne l'expression et nous suggère de la féminiser. "Voulez-vous utiliser la forme féminine recommandée, au détriment du masculin 'le' couramment utilisé ?", demande-t-il. Sur LCI.fr, le débat a été tranché il y a déjà un certain temps en faveur du pronom masculin. Reste que la question ne semble toujours pas totalement résolue. Plébiscitée par l'Académie française, "la" Covid devrait-elle se voir préférée ?

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Un usage s'est imposé

Parmi la population, le masculin prédomine aujourd'hui. Un sondage dévoilé à la mi-mars montrait que dans la pratique, 56% des Français déclaraient employer le mot "Covid" au masculin, contre seulement 19% au féminin... Les 25% restant s'efforçant quant à eux de ménager la chèvre et le chou, utilisant indifféremment "le" ou "la" Covid. Notons toutefois que le masculin est davantage utilisé chez les plus jeunes. C'est pour ces raisons d'usages que les dictionnaires préconisent aujourd'hui l'emploi du pronom "le".

Après Le Larousse, Le Robert a fait le choix d’intégrer le "covid" à son édition 2022 en l’accordant au masculin - tout en permettant le féminin -, le dotant au passage d’une minuscule. Les responsables du dictionnaire ont indiqué s'être appuyés sur les usages en vigueur dans la population. Les statistiques des recherches Google attestent d'ailleurs de la prédominance du "le" sur le "la", comme en témoigne le graphique ci-dessous.

Nombreux sont les internautes qui s'interrogent toujours sur le genre à utiliser. Une incertitude que l'on retrouve dans les médias, où le masculin se généralise dans les titres et les articles sans pour autant se voir adopté de manière unanime. Même constat du côté des institutions puisque si le ministère de la Santé semble préconiser l'usage du "la", on observe un usage très variable sur le site officiel du gouvernement. Même Emmanuel Macron semble avoir du mal à trancher. Dans ses discours, il a utilisé le féminin puis le masculin, sans jamais se tenir à un choix définitif. 

L'Académie française divisée

Au Canada francophone, les autorités linguistiques se sont très vite emparées de la question et ont tranché en faveur du féminin, si bien que le féminin est aujourd'hui largement utilisé. Il n'en a rien été en France, où l'Académie a tardé à prendre position. Il lui aura fallu trois mois avant d'opter pour le féminin, laissant au masculin le temps de s'imposer dans les conversations. Son argument ? Il s'agit d'un acronyme tiré de l'anglais, désignant "une" maladie ("disease" dans sa version originale), d'où le choix du "la". Mais certains arguent que d'autres acronymes étrangers n'ont pas suivi cette règle. C'est le cas par exemple du laser qui aurait logiquement dû être désigné par un pronom féminin.

Au sein même de l'Académie, la question divise. Sa présidente, Hélène Carrère d’Encausse, a été raillée pour avoir décidé de cette féminisation sans consulter ses comparses au sein de l'institution, tous confinés à l'époque. "C’est bien la première fois qu’elle se soucie de la féminisation du langage !", a persiflé auprès de France Culture un académicien agacé. Un pronom "la" que juge d'ailleurs "ridicule" un autre "immortel", Jean-Christophe Ruffin. Il s'agit à ses yeux d'une "mauvaise traduction de l’anglais". Quant à la traduction du terme "disease" par le français "maladie", féminin, certains font remarquer qu'il aurait été tout à fait possible d'opter pour le mot "mal", masculin et qui recouvre un sens identique.

En France, force est de constater que le sujet n'est toujours pas réglé (le sera-t-il un jour ?). Tout au plus observe-t-on une assez large prédominance du masculin pour désigner le/la Covid. Un usage qui n'a pas attendu la prise de position de l'Académie française pour s'imposer dans le langage courant et les médias. 

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La langue française s'appauvrit-elle ?

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