Covid-19 : où en est l'épidémie en France, alors que le couvre-feu à 18h va être généralisé ?

Covid-19 : où en est l'épidémie en France, alors que le couvre-feu à 18h va être généralisé ?

CORONAVIRUS - Avant une nouvelle conférence de presse au cours de laquelle la généralisation du couvre-feu à 18h devait être annoncée, Jean Castex a défendu le principe de nouvelles "mesures de freinage". Des mesures justifiées par l'évolution de l'épidémie en France. Que nous disent les indicateurs de la situation sanitaire, notamment par rapport à la veille des précédents confinements ?

"C'est encore tendu (...) il faut donc continuer à adapter les mesures".  En déplacement à Metz ce jeudi, le Premier ministre Jean Castex a donné le ton à quelques heures d'une nouvelle conférence de presse au cours de laquelle devait être annoncée la généralisation du couvre-feu à 18h dans tous les départements. "Les services de réanimation sont loin d'être vides", a-t-il ajouté, défendant les "mesures de freinage", même si elles sont "difficiles à accepter". Mais dans le détail, que disent les chiffres à ce jour ? Et si comparaison n'est pas raison, que nous enseignent-ils par rapport à ceux qui ont provoqué les confinement et reconfinement au printemps et à l'automne derniers ? 

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Pour rappel, fin octobre, alors que la moyenne sur sept jours de tests positifs quotidiens était de 47.000, Emmanuel Macron avait fixé un seuil de 5000 contaminations par jour pour envisager un déconfinement. Après avoir atteint 70.000 contaminations début novembre, une baisse s'est amorcée pour atteindre les 10.000 cas début décembre. Depuis mi-décembre, entre 15.000 et 20.000 nouveaux cas sont recensés quotidiennement, soit trois ou quatre fois plus que l’objectif fixé par le Président République alors même que les Français se font moins tester depuis la fin des fêtes de fin d'année. 

Que dit le "R effectif" ?

Dans son dernier bulletin hebdomadaire, Santé publique France indique que le, le "R effectif", le fameux R0, reflet de la vitesse de propagation du Sars-Cov-2, se situe à 0,99 au 2 janvier 2021 et a dépassé 1 dans certaines régions. Le site CovidTracker l'estime, lui, à 1,12. Pour rappel, si ce chiffre est supérieur à 1, cela veut dire que la tendance est à la hausse du nombre de cas ; a contrario, quand le R est inférieur à 1, "l'épidémie régresse".  Ce qui ne semble donc pas être le cas.

Au 29 octobre dernier, le R calculé à partir du nombre de tests positifs, ou des passages aux urgences ou des hospitalisations pour Covid-19, était estimé à 1,32, marquant une baisse par rapport à celle de la semaine précédente (1,47) arguant en faveur des effets du couvre-feu instauré depuis peu dans certaines métropoles. 

Le 15 mars dernier, avant le début du confinement, le R0 effectif avait été estimé à 2,8. Il était tombé à 0,8 le 11 mai, premier jour du déconfinement et était descendu à 0,73, selon le bilan de Santé Publique France un mois plus tard.

Que dit le taux de positivité des tests ?

Le taux de positivité, qui mesure le pourcentage de cas positifs par rapport au nombre de tests réalisés, augmente chaque jour ; il est actuellement à 6,5%. Mais ces derniers jours, c'est l'augmentation du taux de positivité chez les enfants qui a surtout fait parler d'elle. Sur la semaine du vendredi 1er au 7 janvier, ce taux a atteint 10% chez les moins de 10 ans et 8,5% chez les 10-19 ans. Dix jours auparavant, ce dernier était inférieur à 3% que ce soit chez les enfants ou dans la population générale. 

À titre d'illustration, il était à moins de 5% début septembre, avant de grimper jusqu'à 20% en octobre dernier au niveau national. Impossible toutefois ici de tenter de rapprocher les chiffres de ceux des semaines qui ont précédé le premier confinement car, à cette époque, les tests n'étaient pas réalisés aussi massivement qu'aujourd'hui.

Que dit le taux d'incidence ?

Mercredi, le taux d'incidence global en France était de 188, soit bien supérieur au seuil d'alerte fixé à 50. Mais en ce début d'année, c'est à l'échelle de chaque département que l'indicateur est à suivre de près pour présager notamment d'un passage sous couvre-feu à 18h. Ainsi, outre les 25 départements déjà concernés par la mesure, vingt autres enregistrent à présent un taux d'incidence supérieur à 250, autre seuil fixé par l'exécutif avant le deuxième confinement pour le passage à l'"alerte maximale".

Fin octobre, le taux national d’incidence se situait autour de 497 (pour 2,1 millions de tests), avant de baisser la première semaine de novembre (427,6). Pour se faire une idée encore plus précise, il se situait sous la barre des 100 (96,2) la semaine du 7 septembre (sur un total de près d'1,4 million de tests). Pour les mêmes raisons qu'évoqué plus haut concernant l'évolution de la politique de tests, il n'est pas possible de comparer cet indicateur au premier confinement.

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Combien de patients Covid hospitalisés et en réanimation ?

S'agissant des taux hebdomadaires d’hospitalisation et de nouvelles admissions, ils sont pour le moment stables (respectivement -3% et +2%). Mais le nombre de patients hospitalisés en France pour Covid-19 reste élevé, avec 24.735 malades du Covid hospitalisés à travers le pays ce mercredi (contre 24.703 mardi, 24.812 lundi), dont 1.588 entrées en 24 heures. Des déprogrammations ont toujours lieu et le nombre de nouveaux décès Covid, incluant les décès survenus à l’hôpital et en établissements médico-sociaux, demeure élevé.

Les services de réanimation, qui accueillent les patients gravement atteints, ne désemplissent pas. Les autorités sanitaires ont ainsi fait état dimanche de 2711 malades occupant les lits au 13 janvier, contre 2616 une semaine plus tôt. En 24 heures, 208 admissions ont été recensées en réanimation.  

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Fin octobre, 22.153 personnes étaient hospitalisées pour Covid-19, mais ce chiffre n'a cessé d'augmenter jusqu'à mi-novembre pour atteindre en plein confinement le record 33.000 hospitalisations, avant de diminuer. Il stagne depuis mi-décembre et la diminution observée est loin d'être aussi éloquente que lors du premier déconfinement, où 10.000 hospitalisations étaient alors enregistrées mi-juin. S'agissant du nombre de patients en réanimation, il était supérieur à 3.000 personnes au moment d'aborder le reconfinement automnal, atteignant les 4.900 à la mi-novembre, avant de décroitre. Entre fin octobre et aujourd'hui, le taux d'occupation des lits en réanimation est passé de 66,6 % à 52,9 %, avec une légère hausse enregistrée ces derniers jours.

Au 17 mars, le jour du premier confinement, 2600 patients Covid étaient hospitalisés. Lors du pic épidémique du printemps, le maximum de 32.292 avait été atteint mi-avril, époque où plus de 6500 personnes étaient en réanimation. Le 28 avril, soit quinze jours avant que ne s'amorce le premier déconfinement le 11 mai, 27.484 personnes étaient hospitalisées et près de 4400 d'entre-elles se trouvaient en réanimation. 

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