Crack à Paris : après l'évacuation, la construction d'un mur de séparation entre Paris et Pantin suscite un tollé

Crack à Paris : après l'évacuation, la construction d'un mur de séparation entre Paris et Pantin suscite un tollé

CRACK - Pour éviter que les toxicomanes ne s'approchent des habitations après avoir été déplacés près de Pantin, le ministère de l'Intérieur a ordonné la construction d'un mur de parpaings pour boucher un tunnel. Une décision qui indigne.

Pour éviter le retour des toxicomanes, la mairie de Paris a employé les grands moyens. Lors d'une opération menée vendredi par la préfecture de police (PP) sur instruction du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, une cinquantaine de toxicomanes du quartier des jardins d'Eole, haut lieu de consommation de crack à Paris, ont été évacués. Ils ont été transportés en car vers le nord-est parisien, à la lisière d'Aubervilliers et Pantin (Seine-Saint-Denis), dans une zone éloignée des habitations.

Mais alors qu'un tunnel sépare cet endroit de Pantin et de ses habitants, un double mur en parpaings a été construit dès vendredi, sur décision de Gérald Darmanin, pour en bloquer l'accès et empêcher que les consommateurs de crack ne se dirigent vers des zones habitées. Selon la préfecture contactée par TF1/LCI, il s'agirait d'une solution provisoire. Mais aucune date de destruction de ce mur n'a pour le moment été décidée.

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Pourquoi a-t-on construit un mur pour séparer Paris et Pantin ?

Interviewée sur BFM/RMC, l'adjointe au maire d'Aubervilliers  en charge de la sécurité, Ling Lenzi, a estimé que l'image de ce mur était "choquante". "Ça nous fait penser au mur de Berlin", affirme-t-elle. "C'est inadmissible, c'est une honte pour Paris et la Seine-Saint-Denis. C'est une honte pour la France", poursuit-elle, affirmant qu'elle aurait préféré que ces hommes et ces femmes "en détresse" soient pris en charge dans un centre de soins et qu'il y ait une vraie réflexion médicale.

La maire d'Aubervilliers, Karine Franclet, qui a appris l'arrivée des toxicomanes près de sa ville dans la presse, réclame via un communiqué une rencontre rapide organisée entre le Premier ministre et tous les élus locaux concernés. Elle fustige une opération prise "sans concertation préalable avec les élus de terrain" qui "relève davantage de la posture qui n'offre aucune solution pérenne".

"La vraie solution, c’est une prise en compte sanitaire, médicale et sociale des consommateurs de crack. Ce n'est pas de déplacer le problème", déclare quant à lui le maire PS de Pantin, Bertrand Kern, auprès de TF1/LCI.

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Sur Twitter, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, qualifie cette décision d'"indigne". "Déplacer les toxicomanes qui pourrissaient la vie des Parisiens en Seine-Saint-Denis : le choix du pire ! Alors que la maire d’Aubervilliers se bat pied à pied pour redresser sa ville, comment peut-elle faire face ? C’est indigne", écrit-elle.

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