Crash du vol Rio-Paris : "l'accident aurait pu être évité", selon une contre-expertise

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AF447 - La contre-expertise sur le crash du vol Rio-Paris en 2009 met à nouveau en évidence la réaction inappropriée des pilotes.

Un scénario qui se confirme. Des éléments de la conte-expertise, ordonnée il y a un an par les juges Sylvia Zimmermann et Sabine Kheri, en charge de l'enquête sur la catastrophe du vol AF447, ont été rapportés mardi par l'AFP. Le document, daté du 30 avril, conclut que le crash du vol Rio-Paris de la compagnie Air France, qui a coûté la vie à 228 passagers et membres d’équipage, est dû à "une réaction inappropriée de l'équipage après la perte momentanée des indications de vitesse".

Après avoir mis en évidence, dans un premier temps, un problème au niveau des sondes Pitot censées fournir des informations relatives à la vitesse de l'appareil, les enquêteurs avaient déjà révélé les mauvaises décisions prises par l'équipage. Autant d’éléments repris par la contre-expertise.

"L'accident aurait pu être évité"

"Il a été déterminé par notre collège d'experts que l'accident est dû à la perte de contrôle de l'avion suite à la réaction inappropriée de l'équipage après la perte momentanée des indications de vitesse", confirme aujourd'hui le nouveau rapport. Les simulations et les expertises "ont clairement établi la prédominance des facteurs humains dans les causes de l'accident et dans les facteurs contributifs", précisent les cinq experts, soulignant "que l'accident aurait pu être évité, et ceci par quelques actions appropriées de l'équipage".

"En l'absence d'informations plus complètes, il est un peu tôt pour tirer des conclusions, estime le consultant aéronautique, ancien commandant de bord, Gérard Feldzer, interrogé par metronews. La contre-expertise met en avant une faute de pilotage, maintenant il s'agit de déterminer pourquoi les pilotes n'ont pas eu la bonne réaction. Il va notamment falloir examiner les procédures mises en place à l'époque par la compagnie, le constructeur Airbus ou encore l'agence de sécurité aérienne européenne", estime l'expert. "Quand, a posteriori, on a soumis ce type de panne à n’importe quels pilotes, rappelle Gérard Feldzer, un sur deux, au minimum, ne comprenait pas ce qu'il se passait."

Le rapport remis aux juges Zimmermann et Kheri pointent d'ailleurs l'"absence de directives claires de la part d'Air France malgré plusieurs cas analogues faisant suite à des givrages des sondes Pitot et donc un retour d'expérience insuffisant".

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