Créer un "ministère de la Famille, de l'Enfance et des Droits des femmes", est-ce sexiste ?

Créer un "ministère de la Famille, de l'Enfance et des Droits des femmes", est-ce sexiste ?

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SONDAGE - L'intitulé du nouveau ministère des Droits des femmes, de la Famille et de l'Enfance, ne laisse pas indifférent. Voilà une association qui, pour beaucoup, ramène les femmes à "des rôles stéréotypés". Pour Laurence Rossignol, toute nouvelle ministre, la polémique n'a pas lieu d'être.

Les femmes de retour aux fourneaux ? C’est un peu l’image que renvoie, à de nombreux internautes et citoyen(ne)s féministes, le remaniement ministériel de ce jeudi 11 février. Car en matière de droits des femmes, on a pu assister à un joli tour de passe-passe. Pascale Boistard, jusqu’alors secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes, s’est vue attribuer les Personnes âgées et l’Autonomie. Et c’est à Laurence Rossignol, anciennement chargée de la Famille, de l’Enfance, des Personnes âgées et de l’Autonomie, qu’incombe désormais la responsabilité de veiller sur les droits des femmes. Voilà donc un secrétariat d’Etat qui devient ministère à part entière, mais dont l’intitulé fait tiquer, Laurence Rossignol étant également chargée… de la Famille et de l’Enfance.

Dès jeudi soir, les réactions ne se sont pas faites attendre. Et sur Twitter ont rapidement fleuri des messages consternés, relevant "le symbole de femmes enfermées dans des rôles stéréotypés" :

Un "triptyque rétrograde"

Le collectif "Osez le féminisme", de son côté, n'y va pas de main morte. Dans un communiqué, l'association fustige François Hollande et Manuel Valls pour ce "triptyque rétrograde". "Ils affichent tout leur mépris à l'encontre des droits des femmes, subalternes à la question de la famille et des enfants. Nous rappelons encore et toujours que les droits des femmes sont une question transversale à toutes les questions politiques, et pas qu'à la famille", assène le collectif féministe. 

Un intitulé qui inquiète également du côté du Haut conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes. Sa présidente et ancienne députée, Danielle Bousquet, a tenu à réagir aux côtés de Chantal Jouanno et de Pascale Vion, respectivement présidentes de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité au Sénat et au Conseil économique, social et environnemental. Contactée par metronews, elle se dit "déconcertée et choquée" par un tel choix.

"La famille n'est pas un repoussoir"

"Cela envoie un signal réducteur, en inadéquation avec ce qui a été fait jusqu'à présent. Cet intitulé, il résume les droits des femmes à la famille aux enfants" fait valoir Danielle Bousquet, tout en reconnaissant que Laurence Rossignol, féministe convaincue et affirmée depuis des années, "est indiscutablement adaptée" à cette tâche.

Sous le feu des critiques avant même d'avoir officiellement pris ses fonctions, la toute nouvelle ministre réfute quant à elle tout sexisme dans l'intitulé de son ministère. Sur BFM TV , ce vendredi matin, elle a ainsi affirmé : "c’est intimement mêlé dans la vie quotidienne des femmes. La famille n’est pas un repoussoir. Je vais continuer à être une féministe avec une vision moderne de la famille et des enjeux pour les femmes."

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