Crise des éleveurs : le mouvement s'étend en attendant le rapport du médiateur

Crise des éleveurs : le mouvement s'étend en attendant le rapport du médiateur

BLOCAGES - Alors que le très attendu rapport du médiateur doit être dévoilé ce mercredi, les barrages se sont mulipliés sur une grande partie nord-ouest de la France.

Les éleveurs ne relâchent pas la pression. Alors que le rapport du médiateur des prix agricoles va être dévoilé ce mercredi, le mouvement s'est amplifié mardi soir avec de nouveaux barrages dans une grande partie nord-ouest du pays.

L'autoroute A1 était encore partiellement bloquée dans les deux sens tôt mercredi matin au sud de Lille par des centaines de tracteurs d'agriculteurs en colère contre le gouvernement. Il a finalement été levé aux environs de 7h car "le préfet de région a accepté de nous recevoir ce matin, certains agriculteurs avaient besoin de rentrer pour traire leurs vaches et enfin nous ne voulions pas trop pénaliser la circulation et les automobilistes", a confié le coordinateur du mouvement de grogne des agriculteurs et directeur de la FDSEA du département du Nord, Eric Taisne.

Dans l'ouest, des barrages ont été érigés dans le Finistère sur le pont de Morlaix, le pont de l'Iroise à la sortie de Brest en direction de Quimper ainsi que les accès à Quimper. On mentionne également des barrages sur l'axe Rennes-Nantes, à Bain de Bretagne, ainsi qu'au péage de la Gravelle, le dernier avant l'entrée en Bretagne. Ces blocages se sont étendus à d'autres régions, au sud-ouest vers la Grotte de Lascaux 2 notamment et au nord vers la Picardie. Enfin, de nouveaux points de blocage ont été signalés dans la Loire, avec des barrages aux accès à l'A72 et l'A89 ainsi que la N82 en direction de Roanne, dans le Poitou avec sept points autour de Poitiers, sur l'axe Angers-Rennes, aux abords de Laval et sur la rocade de Rouen, également saturée.

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Un endettement d'un milliard d'euros cumulés

Un rapport du médiateur des prix agricoles devant déterminer qui, de l'industrie ou de la grande distribution, souvent visée, freine la hausse des prix de la viande et du lait payés aux éleveurs, va être dévoilé ce mercredi. Le médiateur a établi "les responsabilités" dans la crise des prix de la viande, a indiqué le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll mardi soir, lors de la remise du rapport.

Le ministre s'est refusé à répartir les responsabilités dans la faiblesse actuelle des prix, bien inférieurs aux coûts de production, entre les industriels de l'abattage et de la transformation et les distributeurs. "Il y a eu une présentation détaillée, on a fait bouger les lignes, c'est déjà ça" a-t-il seulement lâché. Le médiateur avait été désigné par le ministre à l'issue d'une table ronde de la filière bovine le 17 juin, pour faire la lumière sur le rôle exact de l'industrie et de la distribution.

Stéphane Le Foll a estimé récemment que 10% des élevages, ou 22.000 exploitations, étaient au bord du gouffre. Leur endettement atteint un milliard d'euros cumulés selon la FNSEA. Pourtant, le gouvernement n'a pas ménagé sa peine jusqu'au sommet de l'Etat. Mardi après-midi, le ministre de l'Agriculture s'est rendu inopinément à Caen pour y rencontrer les producteurs de lait de Normandie, premier bassin laitier, qui le réclamaient depuis dimanche. Non concernés par le rapport du médiateur, ils se battent également pour une revalorisation du prix de leur travail de 3 à 4 centimes le litre, jusqu'à 330 ou 340 euros la tonne.

"Clairement", a jugé le ministre devant les producteurs du principal bassin laitier de France, la filière est en crise: "302 à 304 euros la tonne, c'est insuffisant". Il a tenu à rassurer que l'élevage laitier n'était pas oublié par les autorités et annoncé "un recadrage des aides en faveur des exploitations les plus en difficulté". A la mi-journée, le Premier ministre Manuel Valls avait réuni les ministres concernés à Matignon (Agriculture, Economie, Budget et Commerce extérieur) et avait appelé à "la responsabilité de chacun", appelant "industriels" et "grande distribution" à agir sur les prix pour soulager les producteurs.

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