Crise des éleveurs : le mouvement s'étend malgré l'annonce du plan du gouvernement

Crise des éleveurs : le mouvement s'étend malgré l'annonce du plan du gouvernement

BARRAGES – Si les blocages autour de Caen ont commencé à être levés mercredi, de nouveaux barrages ont été mis en place un peu partout en France après l'annonce du plan d'aide du gouvernement. De son côté, la FNSEA a annoncé de nouveaux mouvements “dans les deux ou trois jours qui viennent”.

Les éleveurs ne décolèrent pas. Malgré l'annonce mercredi par le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll de la mise en place d'un plan d'aide, et notamment d'un déblocage de 600 millions d'euros pour la filière, le mouvement de protestation s'est encore étendu. Et de nouveaux mouvements pourraient naître “dans les deux ou trois jours qui viennent” pour protester contre les prix insuffisants de la production des agriculteurs a prévenu ce jeudi Xavier Beulin, le président de la FNSEA. On fait le point sur les principaux blocages.

EN SAVOIR + >> Crise des éleveurs : l'État débloque plus de 600 millions d'euros

Centre-Est
Les éleveurs de Rhône-Alpes ont commencé à bloquer les accès Nord et Est de Lyon mercredi soir avec des tracteurs, l'A6 et l'A42 étant coupées en direction de Lyon, selon Bison Futé. Ils devaient, au petit matin jeudi, paralyser l'accès Sud de la deuxième agglomération de France, selon la FNSEA régionale.

À Clermont-Ferrand, la FDSEA et les JA du Puy-de-Dôme prévoyaient de bloquer 5 accès de la ville jeudi matin. Mercredi, 300 à 400 agriculteurs ont bloqué 5 accès à Chalon-sur-Saône. Ils ont levé les barrages vers 22 heures, selon la FDSEA de Saône-et-Loire, qui n'excluait pas de nouvelles actions jeudi matin.

D'autres actions étaient prévues jeudi en Bourgogne, dans l'Yonne et dans la Nièvre, alors que François Hollande devait se rendre à Dijon, où il rencontrera le monde agricole à 9 heures. Dans l'Yonne, ils prévoient de bloquer l’abattoir de Migennes dès 8 h 30 avant de se rendre à la laiterie Yoplait de Monéteau.

Dans la région voisine de Franche-Comté, 150 à 200 agriculteurs, à la tête d'une quarantaine de tracteurs, se sont réunis mercredi soir à Vesoul (Haute-Saône), selon un correspondant de l'AFP. Les agriculteurs ont notamment “intercepté” une citerne laitière d'environ 15.000 litres de lait. Ils l'ont conduite aux abords d'une grande surface du centre-ville, où ils ont commencé à en déverser le contenu vers 23 heures.

Centre
Mercredi soir quelque 150 agriculteurs – avec une trentaine de tracteurs – se sont mobilisés pour bloquer les livraisons  d'un supermarché Lidl à Sorigny (au sud de Tours), selon un dirigeant de la FDSEA d'Indre-et-Loire. Du fumier, de la paille et des pneus ont été déversés pour boucher l'accès aux camions. Et les agriculteurs envisagent de cibler aussi un atelier de découpe de viande bovine à Montbazon (entre Sorigny et Tours) qui, selon la FDSEA, ne traite que de la viande de provenance étrangère.

Centre-Ouest
Les barrages filtrants mis en place mercredi sur les routes d'accès au château de Chambord ont été levés. En Loire-Atlantique, où aucun blocage n'avait lieu ce mercredi, les actions prévues jeudi matin, suivant un mot d'ordre national appelant à viser les transformateurs, sont maintenues, selon le président des Jeunes Agriculteurs (JA) du département, Charles Guerlais. “Les annonces du gouvernement n'ont rien fait pour calmer l'élevage (…). Dans les campagnes, on a l'impression que M. Le Foll s'est foutu de nous”, a-t-il affirmé. En Vendée, le dernier point de blocage, le péage de Boufféré, a été levé.

En Charente-Maritime, le blocage perdure sur le pont de l'île d'Oléron. “Sauf urgences médicales”, les barrages filtrants ne laissent passer qu'une cinquantaine de véhicules toutes les 45 minutes, sur une file, puis sur l'autre, selon la préfecture. Dans la Vienne, la circulation reste fortement perturbée autour de Poitiers.

Corrèze
À Brive-la-Gaillarde, dans la nuit de mercredi à jeudi, quelque 200 éleveurs et agriculteurs, certains avec leur tracteur, ont déversé du lisier devant plusieurs supermarchés et fournisseurs de restaurants (Metro, Promocash), a constaté un photographe de l'AFP. Ils ont également mis le feu à des pneus et dégradé plusieurs panneaux portant les enseignes des supermarchés, selon la même source.

Hautes-Pyrénées
Plusieurs centaines d'agriculteurs de la FDSEA et des JA des Hautes-Pyrénées ont déversé mercredi soir du fumier et du lisier devant des grandes surfaces de Tarbes et de son agglomération, a-t-on appris auprès des manifestants et de la préfecture. Selon un responsable agricole local, Jean-Luc Cazabat, on recensait peu avant minuit plusieurs centaines d'agriculteurs et près de 100 tracteurs engagés dans l'action devant 12 établissements. À la préfecture, on faisait état de chiffres similaires parlant de 380 personnes et 125 tracteurs au total mobilisés devant 12 grandes surfaces.

Normandie
Les barrages ont disparu sur le périphérique de Caen, épicentre de la contestation, après un appel des dirigeants agricoles à suspendre le mouvement quelques heures après l'annonce du plan de l'exécutif. En Haute-Normandie, l'un des trois grands ponts suspendus permettant de traverser la Seine entre Rouen et l'estuaire, celui de Tancarville, reste bloqué, tandis que les barrages sont devenus filtrants aux ponts de Normandie et de Brotonne. “Nos collègues du Calvados ont commencé leur mouvement dimanche soir, nous n'avons démarré qu'hier matin, on peut encore tenir”, a déclaré à l'AFP Stéphane Donckelé, vice-président de la FNSEA de Seine-Maritime. “Le mot d'ordre est d'aller renforcer les barrages des ponts”, a ajouté M. Donckelé.

Au Mont-Saint-Michel, les barrages sont également devenus filtrants sur les deux voies d'accès à ce grand site touristique, l'un des plus visités du pays.

Bretagne
En Ille-et-Vilaine, la situation est revenue à la normale sauf à Saint-Malo où les éleveurs bloquent depuis mardi le principal accès à la cité corsaire. Dans le Finistère, les éleveurs ont quitté le grand pont de l'Iroise, à Brest, qu'ils occupaient depuis mardi mais celui-ci reste fermé pour sa remise en état. En revanche, d'autres barrages perdurent notamment à Quimper ou Morlaix. Dans un communiqué, les Bonnets rouges ont appelé “tous les Bretons à se joindre aux manifestations des agriculteurs partout où c'est possible”.

Nord
À Lille, le blocage de l'A1 a été levé tôt dans la matinée et, en Picardie, les dernières actions d'envergure ont été levées.

À LIRE AUSSI >> Crise des éleveurs : pourquoi le nouveau plan d'urgence ne réglera rien

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Dormir six heures ou moins entre ses 50 et 70 ans renforcerait le risque de démence

EN DIRECT - Limite des 10 km levée, couvre-feu allégé : les pistes du gouvernement pour le 2 mai

L'étonnante décision de Peugeot face à la pénurie de semi-conducteurs

Derek Chauvin reconnu coupable de meurtre du meurtre de George Floyd

Vacances : les destinations les plus prisées pour cet été

Lire et commenter