Contestation en Guyane : Matthias Fekl et Ericka Bareigts sur place pour désamorcer la crise

DIALOGUE - Matthias Fekl et Ericka Bareigts sont arrivés mercredi soir en Guyane pour tenter de renouer le dialogue après plusieurs jours de manifestations. Ils ont tenu une conférence de presse avant d'entamer des discussions.

Opération sortie de crise ? Les ministres de l'Intérieur Matthias Fekl et des Outre-Mer Ericka Bareigts sont arrivés mercredi en Guyane  et ont affiché un esprit de "compréhension" à la veille de rencontres visant à sortir le territoire de la crise le paralysant depuis une semaine.


Venus directement de Paris, les deux représentants du gouvernement sont arrivés en avion gouvernemental après 17h00, avant d'être héliportés vers Cayenne puis de rejoindre en voiture la préfecture vers 17h55 heure locale.

"L'état d'esprit est d'abord la compréhension pour les difficultés qu'affronte la Guyane en matière de sécurité, les difficultés économiques, les difficultés sociales", a déclaré Matthias Fekl lors d'une conférence de presse commune débutée une heure plus tard. "Nous sommes là pour écouter, pour avancer avec des solutions concrètes", a déclaré le ministre, qui s'est dit prêt à rencontrer tous ceux qui veulent "sereinement construire l'avenir de la Guyane". 


Mercredi, un représentant des "500 frères contre la délinquance" a annoncé que ce collectif très populaire, dont les membres mènent des actions cagoulés, allait participer aux négociations avec les deux ministres.

Une enveloppe de 4 milliards d'euros ?

Les deux ministres n'arriveraient pas les mains vides. Selon Les Echos, ils "seraient en mesure de poser sur la table des négociations un pacte de développement de la Guyane de 4 milliards sur un peu moins de 10 ans". Si Matthias Fekl et Ericka Bareigts ne se sont pas prononcés sur ce sujet, Matignon a immédiatementt démenti. Les ministres ne sont partis avec "aucune enveloppe prédéterminée. On ne travaille pas comme ça. On travaille avec les acteurs à des mesures utiles pour la Guyane, pas sur des chiffres fantaisistes et inventés", déclare-t-on dans l'entourage de Bernard Cazeneuve. 


Toutefois, la signature d'"un pacte d'avenir ambitieux", concrétisant les avancées, "pourrait intervenir dans les meilleurs délais", avait estimé mardi soir Bernard Cazeneuve, appelant "chacun" à "s'associer" aux discussions. S'ils n'ont pas fait d'annonces précises lors de cette conférence de presse, Ericka Bareigts a estimé que les rencontres à venir devaient mener à des solutions à "dix ou quinze ans".

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Crise en Guyane : une mobilisation historique

A Cayenne, dans la foule rassemblée mardi 28 mars sur l'avenue du Général de Gaulle, étaient visibles beaucoup de drapeaux guyanais et des banderoles reprenant le slogan "nou bon ké sa" - "ça suffit" en créole - qui a également fleuri sur les nombreux barrages installés dans les villes du territoire. La Guyane vivait alors "la plus grosse manifestation de (son) histoire" de l'aveu même de la préfecture. 

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