"Crue centennale" en Ile-de-France : tout savoir sur cette simulation hors normes

"Crue centennale" en Ile-de-France : tout savoir sur cette simulation hors normes

CATASTROPHE - Depuis lundi, et jusqu’au 18 mars, se tient à Paris le premier exercice européen de simulation de crue de la Seine, pour tester la réactivité des acteurs sur le terrain. Dans les faits, la plupart des simulations se passent en cellule de crise, hors du public. Mais quelques opérations s’annoncent intéressantes à regarder.

Paris a les pieds dans l’eau. Vous n’aviez pas remarqué ? Pourtant, depuis lundi, la capitale est en proie à une "crue centennale", partie pour durer jusqu’au 18 mars. L’opération est en fait un exercice de simulation d’une crue majeure en Ile-de-France, baptisé EU Sequana. Il prévoit un scénario catastrophe d’une Seine débordant de son lit et inondant Paris et l’Île-de-France.

Qu’est-ce qu’il se passe dans le scénario ?
L’histoire prévoit l’arrivée d’un front froid stationnaire sur le nord de la France au début du mois de février 2016. Cet épisode de froid est immédiatement suivi de précipitations accentuées sur l’ensemble de l’Île-de-France. Les débits de la Seine, la Marne et l’Yonne augmentent de manière continue fin février et début mars 2016. Les niveaux de la Seine et de la Marne montent à un rythme quotidien de 50 cm. Les prévisionnistes confirment la tendance à l’aggravation pour la période du 7 au 12 mars 2016 avec une crue majeure dépassant le niveau atteint en 1910.

Tout cela enclenche trois phases : du 7 au 13 mars, les eaux de la Seine montent : 5,50 mètres sont relevés à Paris-Austerlitz le lundi 7 mars ; 7,13 mètres le jeudi 10 mars ; niveau R1 atteint le vendredi 11 mars 2016. Le week-end du 12 et 13 mars, pic de la crue, des exercices de terrain sont prévus, accompagnés d’actions de communication à destination du grand public en Île-de-France. Enfin, du 15 au 18 mars 2016, la Seine amorce sa décrue. Les acteurs enclenchent la gestion de l’après-crise.


Quel est le but de l’opération ?
EU Sequana vise à éprouver la capacité des acteurs du territoire francilien à répondre à un tel événement catastrophe, et apprendre à agir de manière coordonnée. L’opération vise aussi, en en parlant et en communiquant, à développer une "culture du risque inondation" auprès des citoyens, des entreprises et des institutions publiques. Car s’il est rare, l’accident n’est pas à écarter : la dernière crue dite "centennale" date de 1910. Dans la capitale, 20 000 immeubles avaient été inondés et le niveau du fleuve avait atteint 8.62 mètres.

Qui participe ?
L'opération se déroulera sur cinq départements franciliens avec 900 sauveteurs, 150 personnels des forces de police, 40 véhicules de sécurité civile dont 20 véhicules lourds, quatre hélicoptères. Quatre pays européens vont y participer: l'Italie, l'Espagne, la Belgique et la République Tchèque viendront sur place avec leurs propres moyens de secours. Près de 87 opérateurs publics et privés participent aussi directement à cet exercice. Ils représentent tous les champs économiques et administratifs du territoire francilien, des grandes entreprises aux PME, des communes aux préfectures, en passant par les sociétés des secteurs des télécommunications, des médias (EDF, GRDF…), ou encore des transports (RATP, Vinci autoroutes…) ou encore, moins attendu, les assurances, les banques, les établissements scolaires et les musées.

Concrètement comment ça se passe ?
Le scénario rédigé prévoit des journées d’animations de 10 h à 16 h. Mais dans les faits, la plupart des exercices se font sur table, joués en cellule de crise. Le centre névralgique est installé au sein de la préfecture de police de Paris, dans une salle en sous-sol. Quotidiennement, s’y tiennent une quinzaine de "complices", qui représentent quelques-uns des partenaires de l’opération. Des "morceaux de scénario" leur sont progressivement remis. Les "complices" appellent alors au téléphone leur propre cellule de crise, dans leur entreprise ou administration, pour dicter la réaction à adopter. Chaque jour, ce sont environ 200 personnes qui "jouent".

Y a-t-il des opérations de grosse ampleur ?
La plupart des actions grand public, ou plutôt exercices de terrain, sont en fait prévues ce week-end, où la crue sera en théorie à son apogée. Samedi matin, est ainsi prévu à Valenton (94) l’évacuation d’une maison de retraite par hélicoptère, ainsi que des recherches de personnes par équipes cynotechniques. A Limay (78), dans l’après-midi et la soirée, est prévue dans le port autonome une spectaculaire opération de limitation de pollution. Dimanche, les opérations se dérouleront à Saint-Denis (93), sur le canal à proximité du Stade de France : les équipes ont prévu la recherche de personnes immergées avec hélitreuillage, ainsi que des opérations de pompage du canal, ou encore de recherche des personnes bloquées dans leur véhicule immergé. Bassin de la Villette (19e), c’est le sauvetage d’une péniche accidentée et la mise en place de barrages anti-pollution qui mobilisera les moyens aériens et nautiques. Enfin, sur le Champ-de-Mars, de 13 h à 19 h, se tiendra un dispositif d’information grand public, avec la projection de film en 3D sur la simulation d’inondations, des ateliers d’information et de sensibilisation pour les visiteurs, pour découvrir le risque inondation et le matériel utilisé sur les sites d’actions.

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