Crue de la Seine : comment les hôpitaux franciliens se protègent-ils des inondations ?

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DÉLUGE – Alors que la crue de la Seine se poursuit, nombre d’hôpitaux de l'Ile-de-France observent avec attention la montée des eaux. Ces sites sensibles sont-ils prêts à affronter une inondation? Comment géreraient-ils la crise ? Éléments de réponse.

Comment faire face ? Si l’actuelle crue de la Seine devrait finalement être un peu moins importante que prévue, comme l’a annoncé vendredi Vigicrues, ce nouvel épisode de montée des eaux du fleuve en moins de deux ans, après celui de juin 2016, a une nouvelle fois braqué l’attention sur les sites franciliens dits sensibles, exposés à d’éventuelles inondations. Symbole de ceux-ci : les hôpitaux, cliniques et autres établissements de santé, dont plusieurs se trouvent en zone inondable autour de Paris. 


Selon l’Evaluation préliminaire des risques d’inondation (EPRI), sans compter les (très) nombreux centres médico-sociaux (plus de 17.000 lits), pas moins de 43 des plus importants établissements de santé (avec capacité d’accueil de plus de 500 lits) seraient potentiellement impactés par une crue majeure, digne de celle de 1910. Les cinq plus grosses structures (plus de 1.000 lits) sont particulièrement surveillées. Il s’agit du groupe hospitalier Charles Foix d’Ivry-sur-Seine, l’hôpital Léon Touhladjian de Poissy et les hôpitaux parisiens Bichat Claude Bernard, Cochin Port-Royal ainsi que la Pitié-Salpêtrière. 

Des pompes et des groupes électrogènes prépositionnés

Gérante de 39 hôpitaux de la région parisienne, l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) assure que la situation est sous contrôle. "Les équipes sont d’ores et déjà mobilisées et réalisent des relevés visuels bi-quotidiens sur des points sensibles, depuis plusieurs jours", explique l’institution, précisant qu’elle être préparée à accueillir des patients d’autres établissements évacués. "Un recensement du matériel a eu lieu site par site, et notamment les pompes, radiateurs électriques, ainsi que les protections physiques, tels que batardeaux, ciment, briques… Des groupes électrogènes et des pompes ont été pré-positionnés sur les sites les plus sensibles." Outre la Pitié-Salpêtrière, l’AP-HP indique faire preuve d’une vigilance particulière pour l’hôpital européen Georges Pompidou, l’hôpital de la Roche Guyon ou l’Agence générale des équipements et produits de santé (AGEPS). 

La réouverture d'un hôpital ayant subi une inondation est une opération coûteuse et longueEvaluation préliminaire des risques d’inondation du bassin Seine-Normandie

Une vigilance qui s’explique par l’importance de la menace qui pèserait sur ces lieux de santé en cas de crue centennale. "Les établissements hospitaliers sont des structures particulièrement sensibles au risque inondation", fait valoir l’EPRI régional. "Un établissement hospitalier ne peut pas fonctionner en toute sécurité en mode dégradé", poursuit-il, pointant l’altération des différents réseaux (électricité, eau potable, chauffage) ou l’impact sur la livraison de médicaments. 

"L'évacuation des déchets et en particulier des Déchets d'Activité de Soins à Risque Infectieux (DASRI) se révèle également être un problème. Ils ne peuvent pas être stockés plus de 48 heures dans les hôpitaux, et il devient nécessaire de maintenir leur ramassage et leur incinération, explique-t-il encore. La réouverture d'un hôpital ayant subi une inondation est une opération coûteuse et longue."

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