Crues : mais pourquoi ne peut-on pas empêcher la Seine de déborder ?

DirectLCI
INONDATIONS - Pour éviter que la crue record de 1910 ne se reproduise, la France a construit au siècle dernier des lacs artificiels en amont de la Seine. Mais ce système ne peut empêcher toutes les crues.

Comme en 2016, la Seine risque d'atteindre un niveau de plus de 6 mètres, inondant les quais parisiens et occasionnant son lot de dangers et de difficultés. Pour limiter les dégats, un réseau d'ouvrages hydrauliques et de lacs-réservoirs artificiels existe déja. Leur but : contenir les crues de la Seine en hiver et maintenir un débit minimal en été.


Ce réseau est géré par l'établissement public territorial de bassin (EPTB) Seine Grands Lacs. Sa première mission est de gérer les quatres grands lacs construits entre 1949 et 1990 : le lac de Pannecière, le lac Seine, le lac Marne et le lac Aube. 

Comment ça marche ?

Le principe est simple : en hiver, quand le débit des fleuves est élevé, ces lacs se remplissement progressivement, ce qui permet de modérer le débit en aval et donc d'éviter de trop grandes crues, tout en remplissant le lac-réservoir en prévision de la sécheresse estivale.


Quand l'été vient et que le débit du fleuve baisse, le lac-réservoir rejette l'eau accumulée pour permettre aux fleuves d'alimenter la population. Un cycle illustré dans cette vidéo produite par l'EPTB. 

La localisation de ces lacs "ne doit rien au hasard : c’est une question géologique, ils ont été situés au seul endroit où les sols sont imperméables", indiquait Stéphane Demerliac, chargé de projet à l'EPTB, à 20 Minutes en 2016, lors de la précédente crue. "Comme on a besoin de stocker de l’eau, il faut que le sol de la cuvette du lac soit imperméable. Sinon, l’eau partirait tout de suite toute seule dans la nappe", poursuivait-il.

Pourquoi ces lacs n'empêchent-ils pas toutes les crues ?

Les quatre lacs artificiels "ont été pensés pour réduire la valeur des crues et non pas pour la supprimer complètement", expliquait encore Stéphane Demerliac, lors de la crue précédente. "Il y a plusieurs raisons à cela. Les lacs sont très loin en amont, donc il y a plein d’affluents intermédiaires sur la route des lacs. Donc, même s'ils étaient suffisamment grands, on ne pourrait pas stocker cette eau en plus de celle qui s’accumule pendant une période de crue", détaillait-il.


Ce mardi, selon Sébastien Brana, administrateur du site infoclimat.fr, le taux de remplissage des quatre lacs avait atteint 80%, pour une capacité totale de plus de 800 millions de mètres cubes. Ceux-ci permettent d'atténuer le débit de 520 mètres cubes d'eau par seconde. 

Un cinquième lac pour pallier les insuffisances des quatre autres ?

Un projet d'un cinquième réservoir fait débat. Le lac de la Bassée, située dans la vallée de la Bassée, en Seine-et-Marne, est à l'étude depuis 2001. Pour le construire au niveau de la confluence Seine-Yonne, rappellent Les Échos, il faudrait ériger 7,8 kilomètres de digues et dépenser environ 100 millions d'euros.


De quoi permettre, selon le quotidien, un "affaissement de la ligne d'eau de 5 cm en moins à Paris". Mais des associations écologistes contestent l'utilité du projet et affirment que la crue de 2016 a eu lieu "bien plus en aval, par le débordement des petits affluents, le Loing, l'Yerres, l'Orge. Les bassins de la Bassée n'auraient rien empêché".

Mais, même avec ce cinquième lac, une crue équivalente à celle de 1910 ne pourrait être contenue. Il faudrait pour cela pouvoir retenir 7 milliards de mètres cubes d'eau...

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter