Cyber harcèlement : moins d'un contenu signalé sur 10 est censuré

Cyber harcèlement : moins d'un contenu signalé sur 10 est censuré

HARCÈLEMENT - Le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes a mené, dans le cadre d'un rapport remis à Mounir Mahjoubi, un testing sur le cyber harcèlement. Résultat : parmi les messages signalés aux plateformes sur les réseaux sociaux, un peu moins de 8% d'entre eux ont été effectivement supprimés.

Sur 545 contenus signalés, 42 supprimés. Voilà le résultat d’un testing mené sur les réseaux sociaux par le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh), en partenariat avec plusieurs associations féministes. Le but : démontrer l'impunité des violences faites aux femmes en ligne dans un rapport, rendu ce mercredi 7 février au secrétaire d'État chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi.

Pour la bonne cause, le HCE s'est donc plongé dans les commentaires postés sur Facebook, Twitter et Youtube, à l'adresse des femmes. Et entrepris de signaler aux plateformes des messages insultants et menaçants trouvés sur la toile. Au menu, 154 contenus signalés sur Facebook, 193 sur Twitter et 198 sur Youtube. Le résultat de la modération est édifiant : moins de 8% des contenus sexistes ont été supprimés après signalement, dont 11% sur Facebook, 13% sur Twitter... et 0% sur Youtube. 

Des délais de modération trop longs

Le détail des messages modérés est intéressant. Parmi les tweets ou commentaires supprimés figurent en majorité des "menaces de violences crédibles" : sur Twitter et Facebook, 100% d'entre eux ont disparu après modération. En revanche, seulement 0,9% des commentaires relevant d'une "incitation à la haine envers un genre" ont été supprimés sur Facebook, et 17,4% d'entre eux sur Twitter.

Le Haut conseil, dans le cadre de ce testing, constate plusieurs choses : d'abord, selon lui, les catégories de signalement sont peu claires et ne correspondent pas toutes aux délits existants. Par ailleurs, les délais de réponses des plateformes, suite aux signalements, apparaissent beaucoup trop longs : 48 heures sur Facebook et une semaine environ sur Twitter et Youtube. 

Repérage automatique des contenus sexistes les plus graves

Une situation - que LCI a déjà constaté dans le cadre d'un documentaire sur le cyber harcèlement sexiste - qui implique quelques recommandations, au nombre de 28, remises ce jour au secrétaire d' État. Parmi elles, l'institution propose notamment de mesurer l'ampleur des violences faites aux femmes en ligne en les intégrant dans enquêtes de victimisation, d'étendre de 1 à 3 ans le délai de prescription des délits d'injures publiques et incitations à la haine,  de mieux former les professionnels en relation avec les victimes, ou encore d'automatiser via des algorithmes la suppression des contenus sexistes les plus graves. Également, le Haut conseil conseille de nouer un partenariat entre PHAROS, le portail officiel de signalement, et des associations féministes.

Dans le cas du cyber contrôle au sein du couple, qui est une autre forme de violence faites aux femmes en ligne, le HCEfh préconise de renforcer le soutien financier aux associations d'écoute et d'orientation des victimes, afin qu'elles puissent mieux former leurs membres à ces problématiques. 

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