De la ferme des 1000 vaches à Sivens : ces épines vertes dans le pied du gouvernement

De la ferme des 1000 vaches à Sivens : ces épines vertes dans le pied du gouvernement

POLEMIQUES - Alors que s'ouvre le procès en appel de neuf militants condamnés pour avoir dégradé la ferme des 1000 vaches, retour sur les dossiers environnementaux qui posent problème au gouvernement.

Le rose et le vert se mélangent décidément mal. Alors que la question de la présence des écologistes au gouvernement n'en finit pas de se poser sans être tranchée, nos dirigeants sont encore confrontés à certaines contradictions, alors que s'ouvre le procès en appel des militants de la Confédération paysanne, à Amiens. Jeudi 17 juin, ces neuf personnes sont en effet jugées pour avoir démonté en partie la ferme des 1000 vaches. En première instance, ils avaient été condamnés à des amendes et de la prison avec sursis. En attendant, metronews fait le tour d'horizon des dossiers écologiques qui ont empoisonné le quinquennat de François Hollande.

Mille vaches
Comme le barrage de Sivens, la ferme dite des "mille vaches" est un dossier local qui a reçu des échos nationaux. A l'origine de la discorde : l'ouverture, en septembre dernier, d'une exploitation gigantesque sur le territoire de la petite commune de Drucat, dans la Somme (Picardie). Sur plus de 8000 mètres carrés de bâtiments, le projet est d'accueillir pas moins d'un millier de bovins, pour élevage. Sauf que l'idée fédère contre elle à la fois des collectifs écologiques mais aussi les riverains, les associations de défenses des animaux, ainsi que la Confédération paysanne. Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll s'est montré opposé au projet, sans pour autant l'interdire, haussant toutefois le ton quand le propriétaire de l'exploitation a augmenté de 500 à 800 le nombre d'unités de bétail présentes sur le site. Le conflit s'est déplacé en octobre 2014 dans les tribunaux, où neuf militants comparaissaient pour des dégradations infligées à la ferme lors d'une manifestation. Ils ont écopé de deux à cinq mois de prison avec sursis.

EN SAVOIR +
>> Procès en appel des militants de la Confédération paysanne
>> Cinq choses à savoir sur la "ferme des 1000 vaches"

Sivens
La mort de Rémi Fraisse, un militant écologiste de 21 ans tué lors de heurts avec des gendarmes sur le site, a fait passer un dossier environnemental local au rang d'affaire nationale, suscitant une polémique sur la stratégie de maintien de l'ordre choisie. Une controverse qui a creusé le fossé entre les écologistes et le gouvernement de Manuel Valls. Sur ce dossier, la Commission européenne va d'ailleurs annoncer mercredi l'ouverture d'une procédure d'infraction contre la France pour non respect de la législation européenne. Selon les informations dont dispose Bruxelles, "les autorités françaises ont lancé le projet nonobstant la détérioration de l'état écologique de la masse d'eau qu'il est susceptible d'entraîner".

EN SAVOIR + >> Notre dossier complet sur le barrage de Sivens

Fessenheim
Pour être exact, le quinquennat de François Hollande a été empoisonné par l'écologie avant même de commencer. Preuve en est du dossier de la centrale nucléaire alsacienne de Fessenheim. Dès la campagne pour la présidentielle, celui-ci fait l'objet d'une âpre négociation avec les écologistes, qui font de sa fermeture la condition sine qua non d'une alliance. Finalement, François Hollande leur concède ce point et les emmène dans son sillage. Sauf que deux ans et demi plus tard, la fermeture de la centrale est loin d'être une certitude. Si les écologistes affirment que le Président leur a réitéré sa promesse, celle-ci ne figure pas dans la loi sur la transition énergétique récemment votée. Et la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, ne se montre pas vraiment catégorique sur le sujet...

EN SAVOIR + >> Nucléaire : le débat Fessenheim toujours ouvert

Notre-Dame-des-Landes
Le dossier de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique, est celui qui ressemble le plus à celui du barrage de Sivens. Dans un cas comme dans l'autre, des militants ont investi le chantier pour faire entendre leur opposition, basée sur des arguments écologiques. En tant qu'ex-maire de Nantes, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait été personnellement visé durant son passage à Matignon. Aujourd'hui, les opposants n'ont pas désarmé, et certains d'entre eux ont même rejoint ceux du barrage de Sivens, dans le Tarn.

TGV Paris-Turin
Précurseur de la convergence des luttes, le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin suscite de nombreuses oppositions depuis son lancement, au début des années 2000. Le mouvement est né dans le Val de Suse, en Italie, après les premières réunions publiques sur le projet transalpin. En 2003 et 2005, des marches y ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes. Les lieux du chantier ont été occupés à plusieurs reprises et les forces de l'ordre ont dû intervenir pour l'expropriation des terrains, avec des affrontements tendus. En mars 2013 encore, 80.000 personnes, selon les organisateurs, manifestaient à Suse.

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