Particules ultrafines, 1.3 butadiène... Treize nouveaux polluants dans l'air mis sous surveillance

Particules ultrafines, 1.3 butadiène... Treize nouveaux polluants dans l'air mis sous surveillance

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ENVIRONNEMENT - Jeudi, le ministère de la Transition écologique s’est engagé à renforcer la surveillance de la concentration dans l'air de polluants jusqu'ici non pris en compte, en s’appuyant sur une liste fournie par l’Agence sanitaire Anses.

"Certains polluants pouvant avoir un impact potentiel sur la santé humaine ne sont pas pris en compte à ce jour dans la surveillance réglementaire". C’est le constat fait par l’agence de protection sanitaire Anses. Malgré l’évolution des connaissances scientifiques, nous respirons jour après jours des polluants qui ne sont pas répertoriés comme dangereux pour la santé. Elle a donc alerté, jeudi, sur la surveillance à renforcer de certaines substances toxiques et de leurs émissions dans l’atmosphère.

A la demande des ministères de la Transition écologique et de la Santé, l’Anses a dévoilé une nouvelle liste de polluants à surveiller prioritairement dans un souci d’amélioration de la qualité de l’air. Sur celle-ci, s’ajoutent aux 13 polluants qui font l'objet d'une surveillance réglementaire, dans le cadre de directives européennes qui remontent à 2004 et 2008 (dont le dioxyde d’azote et les particules fines), trois nouvelles substances polluantes prioritaires et une dizaine d'autres polluants à surveiller dans des contextes particuliers.


Le 1,3-butadiène

Ce polluant – hydrocarbure classé comme "cancérogène de catégorie 1" (avéré pour l’être humain)- est émis par des activités industrielles traitant du plastique et du caoutchouc mais aussi par l’échappement des moteurs automobiles et la fumée de cigarette. "Il peut atteindre différentes cibles du corps humain" et causer différents types de cancer, explique Valérie Pernelet-Joly, cheffe d'unité d'évaluation des risques liés à l'air à l'Anses.


Les particules ultrafines (PUF)

D'un diamètre inférieur à 0,1 micron, elles sont émises notamment par le trafic routier et certains types d'industries. Elles peuvent avoir "des effets sur le système nerveux ou sur le système respiratoire".

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Le carbone suie

Il est émis lors de phénomène de combustion comme la motorisation diesel et le chauffage. Cette substance a la particularité de se comporter comme un aimant pour d'autres particules. Le risque est qu’elle peut "servir de vecteur pour les emmener dans les poumons".


Et aussi…

L’Agence s’inquiète aussi du dépassement enregistré de la Valeur toxicologique de référence (VTR) de dix autres polluants (manganèse, sulfure d'hydrogène, acrylonitrile, 1,1-2-trichloroéthane, cuivre, trichloréthylène, vanadium, cobalt, antimoine, naphtalène). Ceux-ci sont notamment repérés dans des contextes industriels. L’Anses recommande "l’acquisition de données complémentaires afin de s’assurer de l’adéquation de la surveillance réglementaire concernant l’émission de ces polluants."


"Ces recommandations seront progressivement mises en oeuvre", assure Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique, qui s’est engagé à renforcer la surveillance des concentrations afin de "mieux encadrer et réduire les émissions des polluants non réglementés d'intérêt prioritaire." L’Anses demande aussi que les préfets s’assurent que les installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE, soumises à règlementation notamment en raison de risques importants de pollution) "les plus émettrices de 1,3 butadiène mettent en place une surveillance environnementale et des mesures de réduction des émissions".


L’Agence sanitaire recommande également "l’acquisition de données complémentaires" sur ces polluants et pesticides. Cela pourrait passer par la création d’une banque nationale de données des mesures existantes pour les polluants actuellement non réglementés présents dans l’air ambiant. 

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