Dealers et toxicomanes sur la ligne 12 du métro : comment la RATP et la police comptent règler le problème

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SUR PLACE - Une table ronde entre la RATP, les syndicats et des représentants de la préfecture de police s'est déroulée ce vendredi pour tenter d'endiguer le phénomène qui touche la ligne 12 depuis de nombreuses semaines : la présence massive de toxicomanes sur les quais. Près de 60 agents et conducteurs étaient présents pour dénoncer la gravité de la situation. LCI était avec eux.

Ce vendredi 19 janvier, une soixantaine d’agents et conducteurs de la ligne 12 du métro était rassemblée à la Maison de la RATP, 54 quai de la Rapée, dans le XIIe arrondissement de Paris. L’objet de cette venue massive ? L’expression de leur ras-le-bol  face à un fléau qui touche la ligne12 du métro reliant Aubervilliers-Front Populaire à Mairie d’Issy : la forte présence de dealers et de toxicomanes sur les quais. 


Dans le même temps, une table ronde réunissant la RATP, les syndicats Unsa, CGT et SUD et des représentants de la préfecture de police se tenait pour trouver des solutions contre le trafic et la consommation de stupéfiants sur le réseau.

Trois axes de travail

Après près de trois heures de réflexion, trois axes d’actions sont ressortis de cette réunion. Tout d'abord, accentuer la présence policière aux côtés des agents de sécurité de la RATP (GPSR) et des agents de stations, avec notamment des unités de forces mobiles sur le réseau. Un axe de travail "plutôt répressif" assumé par la direction de la RATP par le biais du directeur sécurité Stéphane Gouaud, interrogé par LCI après la table ronde. Des effectifs qui pourraient néanmoins être "allégés" en cas d’événement, comme par exemple l’évacuation de la ZAD à Notre Dame des Landes.


Ensuite, renforcer la lutte contre le trafic de stupéfiants dans le métro avec l’intégration de la Brigade des réseaux franciliens (BRF) dans le plan piloté par la direction régionale de la Police Judiciaire et la création d’un Groupe Local de Traitement de la Délinquance (GLTD) sous l’autorité du procureur de la République de Paris. Son objectif sera de traiter le problème des stupéfiants dans les transports. Un groupe local qui "va permettre de mettre autour de la table l’ensemble des pouvoirs publics, des acteurs de ce phénomène", toujours selon le directeur sécurité de la RATP.


Enfin, favoriser la prise en charge des consommateurs de stupéfiants par les réseaux associatifs spécialisés. En ce sens, une convention a déjà été signée fin novembre par la RATP et les centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques des usagers de drogue (CAARUD) pour mettre en œuvre des dispositifs de prise en charge des usagers de drogue dans l’espace du métro parisien. Les syndicats RATP ont aussi proposé l’installation d’une salle de consommation dédiée aux consommateurs de crack. Une hypothèse qui n’est qu’au stade de la réflexion et ne semble pas actée.

Des mesures "trop répressives" pour les conducteurs

"Compte tenu des personnes présentes autour de la table, je ne m’attendais pas à autre chose que des effectifs de police supplémentaires. J’attends néanmoins la prochaine réunion qui aura lieu au mois de mai et où aura lieu un retour d’expérience pour voir si cela a porté ses fruits" explique à LCI Eric Chaplain, délégué du personnel SUD-RATP présent à la réunion. 


Pour les agents de la RATP et conducteurs de la ligne 12 présents au moment de l’annonce de ces trois axes, il s’agit en quelque sorte d’un "pansement" plus que de véritables solutions pour endiguer ce phénomène. Ils pointé du doigt le côté "trop répressif" de ces mesures et déplorent un accompagnement et une prise en charge trop légers des consommateurs de stupéfiants.  "On déplace le problème plus qu’on ne le résout. Les autres lignes pourraient être prochainement impactées, comme par exemple la ligne 13, avec Saint-Lazare qui est devenu un point stratégique, notamment avec l’implantation des dealers dans le secteur" déplore l’un d’entre eux.


 "Cette problématique existe depuis près de 30 ans. Mais depuis maintenant un peu plus d’un an, cela est monté crescendo. Cela engendre des retards importants sur la ligne à cause de coupures de courant incessantes, jusqu’à parfois 30 minutes supplémentaires sur le temps de trajet classique. Les voyageurs se plaignent très souvent et même les forces de police n’en peuvent plus d’intervenir. Il faut aider ces personnes qui sont, avant tout, malades" expliquaient en chœur les conducteurs de la RATP avant la tenue de la réunion. Et de constater des cas inquiétants "tous les jours" : "A la station Trinité, un de nos collègues a été attaqué et piqué par une seringue alors qu’il intervenait pour mettre fin à une rixe."

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