Déconfinement : pourquoi une centaine de salles de spectacle sont-elles toujours occupées malgré la réouverture ?

Déconfinement : pourquoi une centaine de salles de spectacle sont-elles toujours occupées malgré la réouverture ?

MOUVEMENT - Le théâtre de l’Odéon, à Paris, et de la Criée, à Marseille, n’ont pas donné de représentations mercredi 19 mai, à l’occasion de la réouverture des salles. Sous la bannière "Occupons partout", le mouvement se cristallise autour de la réforme de l’assurance chômage.

Malgré la reprise des pièces de théâtre mercredi 19 mai, celle de "La Ménagerie de verre" n’a pas eu lieu au théâtre de l’Odéon, au grand dam des spectateurs. Une décision prise la veille par la direction alors que les lieux étaient toujours investis par des intermittents du spectacle, et ce, depuis plus de deux mois et demi. "Les conditions ne sont pas réunies pour que la vie du théâtre reprenne avec sérénité, tant pour son personnel que pour le public et les artistes", a annoncé  le directeur Stéphane Braunschweig, dans un communiqué, disant se résoudre "à annuler les représentations (...) tant que l’occupation se poursuit". 

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Même chose au théâtre de la Criée, à Marseille, où les premières représentations tant attendues de "Au Café Maupassant" ont finalement été annulées pour jeudi et vendredi. Des dizaines de personnes - des intermittents, des étudiants et des sans-papiers - y occupent toujours les lieux de jour comme de nuit. Partout en France, quelque 90 lieux culturels font encore l’objet d’une occupation - un chiffre approximatif donné par la CGT Spectacle qui se charge du recensement - alors que la réouverture des salles de spectacle, musées et cinémas a été actée mercredi. 

"Réouverture, la grande comédie"

"On n’a pas obtenu tout ce qu’on voulait, ce n’était pas notre seule revendication", argumente auprès de LCI Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle, le syndicat coordinateur du mouvement. Parti de l’Odéon et du constat d’un secteur culturel à l’arrêt, le mouvement "Occupons Partout" s’est étendu depuis à d’autres acteurs, comme l’ensemble des extras de la restauration et de l’événementiel, et à d’autres causes. Il se cristallise aujourd’hui autour du"retrait pur, simple et définitif" de la réforme de l’assurance chômage et d’un plan de reprise garantissant des embauches. Car cette "réouverture seulement partielle" ne permet pas à tous les intermittents de travailler dès aujourd’hui, justifie le syndicaliste en énumérant quelques-uns des bémols rencontrés : festivals à demi-jauge, concerts annulés… "Réouverture, la grande comédie", pouvait-on lire d’ailleurs sur la façade de l'Odéon en ce 19 mai.

"Nos occupations se poursuivront tant que nos revendications n’auront pas été satisfaites", assure encore l’ensemble des occupants, dans un communiqué. Se défendant de toute volonté de bloquer le déroulement des représentations, ces derniers poursuivent cependant la lutte entamée au mois de mars. À moins que les forces de l’ordre ne décident de déloger les manifestants, à l’instar des théâtres de Rennes et de Toulouse qui ont été évacués avant le 19 mai, ou de l’opéra de Lyon, qui faisait l’objet d’une intervention ce jeudi matin. "La sécurité de l’opéra de Lyon tente de déloger les occupante.e.s ! Besoin de soutien sur place", a annoncé à ce titre le mouvement lyonnais, sur son compte Twitter.

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Le directeur de l’opéra de Lyon s’était pourtant essayé au dialogue dix jours plus tôt en signant une tribune avec ses homologues du théâtre de l’Odéon, de La Criée et de Nice et appelant "à lever les occupations en poursuivant le mouvement social par d’autres moyens". Si l’Odéon n’a pas encore fait l'objet de l’usage de la force, les discussions sont au point mort entre les occupants et la direction, malgré le souhait de nombreux manifestants et de la troupe devant jouer sur scène de les reprendre. 

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