Déjà la fin du télétravail ? Les secteurs les plus concernés

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EMPLOI - Elisabeth Borne a annoncé que l'État n'exigera plus, dès mardi, "un nombre de jours minimal en télétravail". Or, d'après les derniers chiffres du ministère du Travail, le télétravail est déjà en recul, notamment au sein des entreprises de petite taille.

Devenu la règle pour beaucoup de salariés au plus fort de la crise sanitaire, le télétravail va-t-il rester dans les habitudes ? La ministre du Travail Elisabeth Borne a annoncé que, dès ce mardi ,l'État ne fixera plus de jours "minimal de télétravail"

“Les organisations syndicales et patronales souhaitent toutes qu'on redonne la main aux entreprises pour fixer les règles en matière de télétravail, qu'on n'ait plus un nombre de jours minimal, c'est ce qu'on va faire",  a-t-elle précisé sur BFMTV. Ce sera donc désormais aux entreprises de décider des règles en matière de télétravail, au moyen d'accords avec les syndicats.  Le 9 juin, les règles avaient déjà été assouplies avec un nouveau protocole sanitaire, permettant aux entreprises de faire revenir plusieurs jours par semaine leurs salariés au bureau. L'analyse de ces premiers chiffres permet de distinguer les secteurs où le télétravail devrait persister même après le Covid. Et ceux où il risque de disparaître purement et simplement. 

3% de l'ensemble des salariés continuent de télétravailler tous les jours

Dans le détail, en France, le télétravail, notamment sur l'intégralité de la semaine, est  en effet déjà en recul. D'après les derniers chiffres de la Dares* en juillet, seuls 3% de l'ensemble des salariés continuaient de télétravailler tous les jours, contre 4% en juin, 8% en mai et 10% en avril. 

Il s'agit en majorité de salariés travaillant dans des entreprises de grande taille, avec 500 employés ou plus, notamment dans les secteurs de l'information communication, des activités financières et d'assurance, ainsi que de la fabrication de matériels de transport. 

38% travaillent dans un secteur où le distanciel n'est pas possible

Sur la même période, toujours selon la Dares, 23% des salariés ont été au moins un jour en télétravail. Ce chiffre représente deux points de moins qu’en juin et mai et quatre points de moins qu’en avril, et concerne en majorité les secteurs évoqués plus haut.

A l'inverse, au 31 juillet, 38% des salariés travaillaient au sein d'une entreprise où le télétravail n'est pas autorisé. "Cette proportion est particulièrement élevée dans les plus petites structures", précise la Dares.  Même avec le Covid, le télétravail est ainsi très peu pratiqué dans les métiers de service, comme l'hébergement-restauration (73% des salariés qui ne peuvent pas être en distanciel), la construction (57%), ou encore la santé (53%).

Dernier cas de figure: 47% des salariés travaillent dans une entreprise où le nombre de jours de télétravail est limité chaque semaine. Et ce, quelle que soit la taille de l'entreprise et son secteur d'activité. A l'exception notable du secteur des transports et de l'entreposage, qui privilégie un maximum de trois jours en distanciel. 

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Avant de se décider, le gouvernement avait sondé la semaine dernière les organisations patronales et syndicales. La CGT, interrogée par l'Agence France-Presse (AFP), avait ainsi dit son souhait que le télétravail "rentre dans un cadre régulier, qu'il fasse l'objet d'accords". Chaque entreprise devra maintenant se mettre d'accord sur la modalité de ces nouvelles règles.

*Direction de l'Animation de la recherche, des Études et des Statistiques 

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