Deliveroo, UberEats : pour se faire entendre, les livreurs à vélo feront grève pendant les derniers jours de la Coupe du monde

SOCIÉTÉ

EN GREVE - Les livreurs demandent de meilleurs rémunérations et conditions de travail. Ils veulent également alerter sur un projet de loi, examiné le 10 juillet.

C’est sûr, ils ont bien choisi leur moment : la Coupe du Monde. Autant dire une des semaines les plus rentables pour les plateformes de livraisons de repas à domicile. Les coursiers à vélo appellent en effet à faire grève pendant une semaine, à partir de ce dimanche, en pleine Coupe du Monde. Ils appellent aussi tous les clients à "ne pas commander la semaine du 8 au 15 juillet". 

Derrière ce mouvement, des "travailleurs des plateformes" UberEats, Deliveroo, Stuart, Glovo, et Foodora, les principales plateformes de livraisons à domicile. Ils s'appellent "travailleurs", car ils sont payés à la course, parfois à la distance, n’ont donc pas de salaire fixe et sont considérés comme travailleurs indépendants.

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Les travailleurs réclament de meilleures conditions de travail, avec la prise en compte de la pénibilité de travail, via différents bonus, (pluie, weekend, nuit...), une meilleure rémunération avec une tarification minimum horaire garantie dans le contrat, ainsi que des plages de travail et une activité garantie. 

"Il est désormais indispensable de renverser le rapport de force", souligne sur Twitter le CLAP, collectif des livreurs parisiens, en rappelant qu'il s'agit de "l'une des semaines les plus rentables pour les plateformes".

Et s’ils décident de "sacrifier une des semaines les plus rentables de l’année, celle des derniers matches" de la Coupe du monde, c’est "parce que l’on sait qu’il est devenu urgent de nous unir entre livreurs", écrivent les organisateurs. "En effet depuis plusieurs mois, nous avons vu nos rémunération diminuer et les distances de livraison augmenter". Ils pointent également le fait que les plateformes n’ont eu de cesse de recruter de nouveaux livreurs, ce qui rend "l'attribution de commandes" ou des "places sur le planning" "de plus en plus incertaine".

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"J’ai testé pour vous" : Deliveroo

Un projet de loi inquiète

Les coursiers ont aussi dans leur ligne de mire le projet de loi "avenir professionnel" emmené par le gouvernement, et plus particulièrement un amendement examiné le 10 juillet par le Sénat. Ce texte introduit la possibilité, pour une plateforme, d'établir une "charte" qui définisse "ses droits et obligations ainsi que celles des travailleurs avec lesquels elle est en relation". 

Le texte précise qu'une telle charte ne peut "caractériser l'existence d'un lien de subordination juridique entre la plateforme et le travailleur", ce qui, pour les organisateurs de la mobilisation, écarte pour la plateforme le risque d'une requalification en salariés de ses travailleurs, considérés comme des indépendants. Une telle charte, "décidée de manière unilatérale et sans contrepartie aucune" des plateformes, "ne peut qu'instituer la dépendance et la précarité" des travailleurs, dénoncent les organisateurs de la mobilisation. Pour eux, le gouvernement participe donc "à la pérennisation" d'un "système fonctionnant sur la précarité de ses travailleurs".

Le premier "round" de cette semaine sociale commence dimanche : les coursiers appellent à un rassemblement  à 19 h place de la République à Paris. 

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Deliveroo : grogne autour de la rémunération des coursiers

L’été dernier déjà, des dizaines de coursiers des sociétés Deliveroo, Foodora ou Uber Eat ont manifesté dans plusieurs grandes villes de France pour s'opposer à une généralisation du paiement à la course, alors qu'ils étaient payés à l'heure, et réclamer une augmentation (voir la vidéo ci dessus).

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