Demander le salaire de votre collègue masculin si vous vous sentez lésée, l'Allemagne le fait, Schiappa n'est pas contre

Demander le salaire de votre collègue masculin si vous vous sentez lésée, l'Allemagne le fait, Schiappa n'est pas contre

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ÉGALITÉ - Pour inciter les salariées allemandes à faire valoir en justice leur droit à un salaire égal, il leur est désormais possible de connaître le salaire de leur collègue masculin. Une incitation à la transparence qui n'est pas pour déplaire à la Secrétaire d'Etat française à l'Egalité femmes-hommes.

Depuis le 6 janvier, l'Allemagne s'est dotée d'une nouvelle arme pour lutter contre les inégalités salariales. Tout salarié se sentant lésé d'un point de vue salarial vis-à-vis de ses collègues pourra désorais demander à son employeur de lui faire connaître le salaire de ces derniers. Une mesure qui s'adresse à tous, mais qui, en réalité, vise surtout à pointer du doigt les différences de salaires entre femmes et hommes, à poste et compétences égales.

A poste égal, 2 à 7% de différences

A poste égal, l'écart en défaveur des femmes serait ainsi compris outre-Rhin entre 2 et 7%, rappellent Les Echos. Un chiffre inférieur à ce qui se pratique en France, où l'on relevait un écart en défaveur des femmes de 9% selon les plus récentes études, mais qui masque difficilement un écart salarial bien plus élevé au global. Temps partiels féminins obligent, l'écart de salaire y est en fait de 21% en faveur des hommes.


Cette mesure, estime la ministre allemande de la Famille et des femmes Katarina Barley, permettra, en cas de différentiel, aux femmes lésées de faire "valoir en justice leur droit à un salaire égal pour un travail égal". Une ode à la transparence qui n'a pas laissée insensible la secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes Marlène Schiappa, invitée ce lundi matin sur Europe 1. 

"Un plan dur et très concret" pour sanctionner les entreprises récalcitrantes

Interrogée par Nadia Daam sur ce sujet, l'ancienne élue du Mans a opiné du chef : "C'est une vraie question. On travaille, avec mes homologues européens, sur cette question de la transparence, avec Muriel Pénicaud [ministre du Travail, ndlr] également. Les employeurs, les entreprises, ont déjà une obligation de déclaration annuelle des salaires. On pourrait, en réalité, avoir accès aux salaires, mais avec des moyennes et des pourcentages d'écart. La transparence, je crois que ça peut être un des axes. [...] Ça ne me choque pas, ça peut être une bonne idée."

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Et la secrétaire d'Etat d'insister sur la présence de textes interdisant les inégalités de salaires entre les femmes et les hommes, mais leur manque d'application. "Il y a une quinzaine de lois, en comptant les décrets d'application, qui existent depuis les années 1980, ça ne marche pas, il reste entre 12 et 27% d'écart de salaires. On doit faire de la pédagogie, mais aussi des sanctions. Ce n'est pas normal que les très grandes entreprises, qui ont les outils pour mettre en place cette égalité, ne fassent rien. On travaille dessus avec le Conseil supérieur de l'égalité professionnelle et la ministre du Travail, et d'ici quelques semaines, mois, on devrait présenter un plan dur et très concret."

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