Démantèlement de la "Jungle" de Calais : le nombre de réfugiés à accueillir par région dévoilé

RÉVÉLATIONS - "Le Figaro" a dévoilé mardi 13 septembre les consignes adressées aux préfets afin de pourvoir à l'hébergement de 12.000 migrants d'ici la fin de l'année. La clé de répartition se base sur les efforts déjà fournis par les régions.

"Le démantèlement de la Jungle de Calais doit se faire par étapes, en commençant par créer davantage de places d’hébergement en France", avait annoncé Bernard Cazeneuve. 


Dans un entretien accordé à Nord Littoral début septembre, le locataire de la place Beauvau avait rappelé que les pouvoirs publics avaient déjà commencé la dissolution de la partie nord du bidonville et que la suite du démantèlement interviendrait avant la fin de l’année. Plus précisément, "12.000 places" d’hébergement dans des centres d'accueil et d'orientation (CAO) sont à trouver avant "la fin 2016". Le Figaro a pris connaissance des consignes envoyées aux préfets pour pourvoir à cet objectif. 

"Afin d'accueillir les migrants de Calais et de la plaque parisienne, le schéma de mobilisation de places d'hébergement sur l'ensemble du territoire a été validé", indique un document daté du 1er septembre consulté par le quotidien. Si toutes les régions de France sont concernées, il a néanmoins été décidé au vu des récents événements survenus à Sisco et à Forges-les-Bains en Essonne, "d'écarter dans la répartition, les régions Île-de-France, particulièrement tendue sur la question de l'hébergement et de Corse". 


Comme le précise une infographie du quotidien, au moins 600 places sont à créer en Bretagne, 959 dans le Grand-Est, 949 en région PACA, 989 en Nouvelle Aquitaine, ou encore, 1091 en Occitanie. Ajouter à cela, les places déjà existantes, le total serait de 1332 dans le Grand-Est, 1006 dans les Hauts-de-France, près de 1500 en Occitanie et en Nouvelle Aquitaine, ainsi que 1784 en Auvergen Rhônes-Alpes. Cette dernière étant la région qui aura accueillie le plus de migrants jusque-là. Pour cela, nul besoin de l'accord des municipalités. Le document est clair : "la liste devra être remontée sans que soit au préalable recherché l'accord avec des élus locaux".


Environ 3000 places ont été créées depuis novembre 2015, mais il faudra en ouvrir un millier de plus "d'ici à la fin du mois d'octobre" et tripler ce total d’ici à la fin de l’année 2016, indique le gouvernement. Ceci pour un résultat de "8500 nouvelles places" qui seront occupées par les migrants sur "une durée minimale de trois mois et de préférence de six mois". 

Selon le ministère de l'Intérieur, "des dispositifs d'aide au retour volontaire et d'éloignement seront à mobiliser "pour les personnes" en situation irrégulière et qui ne souhaitent pas demander d'asile. Pour celles "dont la demande d'asile relève d'un autre État de l'Union européenne, des assignations à résidence pourront être notifiées durant la préparation du transfert vers le pays compétent pour l'examen de leur demande". 



Si le pari semble risqué pour le ministre de l'Intérieur, celui-ci n'a pas de mal à se décharger de toute responsabilité en cas d'échec puisqu'il stipule dans sa note, que le bon déroulement de ce projet dépendra du "critère démographique pondéré par les efforts faits par chaque région". 


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