Démantèlement de la "jungle" de Calais : "un devoir humanitaire" selon Cazeneuve

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Le démantèlement de la "Jungle" de Calais

CALAIS - Alors que les migrants s'apprêtent à quitter progressivement la "jungle" de Calais à partir de ce lundi, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a assuré dans "La Voix du Nord" que tout serait mis en place pour ne pas compromettre le démantèlement.

Entre de possibles manifestations de militants opposés à l'évacuation et d'éventuels refus de certains migrants de quitter le camp, le démantèlement de la "jungle" de Calais ce lundi 24 octobre n'est pas sans risque. Dans une interview accordée à La Voix du Nord, Bernard Cazeneuve a toutefois réaffirmé sa détermination à ce que l'opération se déroule dans les meilleures conditions. 

C'est un "devoir humanitaire", a-t-il justifié. Le démantèlement "répond donc à la fois à une urgence, mais aussi aux attentes d’une ville et de ses habitants qui font face depuis plus de quinze ans à une crise migratoire d’une grande envergure".

Le ministre de l'Intérieur a ainsi vivement critiqué les "No Border", militants susceptibles de perturber les actions des forces de l'ordre. Ils "sont des cyniques qui instrumentalisent la misère d’hommes et de femmes désespérés", a-t-il assuré. "Leur démarche ne relève pas d’une logique humanitaire. Nous ne les laisserons pas compromettre une opération digne de mise à l’abri et nous avons mobilisé les policiers et les gendarmes nécessaires, que je remercie pour leur engagement".

Nous avons une stratégie globale pour éviter qu’un point de fixation ne se reforme- Bernard Cazeneuve

Face à la crainte de certains Calaisiens de voir le camp se reformer rapidement, Bernard Cazeneuve s'est également voulu très clair sur le sujet. "Calais ne va pas changer de position géographique. Mais nous avons une stratégie globale pour éviter qu’un point de fixation ne se reforme". Selon lui, la frontière est devenue plus "étanche" grâce à la sécurisation du tunnel sous la Manche, du port et de la rocade. Par ailleurs, "une présence policière conséquente" sera maintenue après le démantèlement.

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    Mais il n'y a pas que les habitants qui sont inquiets de cette opération. Certains élus ont manifesté leurs craintes concernant l'arrivée de migrants dans leur ville, comme le maire de Saint-Bauzille-de-Putois (Hérault), Michel Issert, qui a pris la décision de démissionner. "Quelques-uns tentent d’organiser des référendums locaux illégaux", explique le ministre de l'Intérieur, faisant référence au maire d'Allex (Drôme), qui a finalement renoncé. "Mais la majorité (...) joue le jeu de la solidarité nationale", poursuit-il.

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    Malgré le démantèlement de la Jungle, beaucoup de migrants ne souhaitent pas quitter Calais

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