"Jungle" de Calais : "lundi soir il n'y aura plus de camp" assure la préfète

INTOX - Si la destruction du plus grand camp de migrants de l'Hexagone a débuté, des nombreuses personnes n'ont pas été "mises à l'abri" dans les centres d'accueil et ont passé une nouvelle nuit aux abords de la "Jungle", tandis que les gros travaux de déblaiement ont débuté ce jeudi.

"C’est vraiment la fin de la ‘Jungle’." La préfecture du Pas-de-Calais a annoncé mercredi soir que le plus grand camp de migrants de l'Hexagone appartenait désormais à une période révolue, au terme de trois jours d’une opération d’évacuation sans précédent. Les travaux de déblaiement de la "Jungle" qui ont démarré ce jeudi matin seront terminés "lundi soir", a assuré la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio. 


"Lundi soir, il n'y aura plus de camp de la Lande (le nom officiel de la "Jungle", ndlr)", a-t-elle ajouté. "Toutes les tentes auront été enlevées et les déchets supprimés" et les migrants "doivent comprendre que Calais n'est pas une solution pour eux". "Le sas est fermé" et "ne rouvrira pas", a martelé Fabienne Buccio, en assurant que les personnes qui se trouvaient sur le bidonville "ne sont pas des gens qui viennent de la Lande". "Hier soir on a commencé à voir arriver des migrants d'Allemagne, de Paris et d'ailleurs", a-t-elle expliqué.

Des migrants toujours présents aux abords du camp

Mercredi soir, les ministères de l'Intérieur et du Logement avaient fait état de 5.596 personnes "mises à l'abri", pour une population estimée à 6.400 personnes par la préfecture avant l'évacuation.


Un chiffre bien en deçà des recensements effectués - aussi bien par l’Etat que par les nombreuses associations - qui estimaient qu’entre 6.400 et 8.100 personnes au moins vivaient au sein de la "Jungle". Malgré cette mort annoncée du camp, plusieurs centaines de migrants s’apprêtaient donc mercredi soir à passer une nouvelle nuit aux alentours du bidonville. Parmi lesquels une majorité de mineurs. 

Encore un millier de repas distribués

D’une capacité de 1.500 places, le Centre d’accueil provisoire, situé aux abords du camps, affichait complet mercredi soir.  Des femmes et des enfants ont également été hébergés dans une structure temporaire officielle, en attendant d'être redirigirés vers des centres. "La réglementation vis-à-vis des mineurs n'est pas la même, c'est plus long", a expliqué Fabienne Buccio ce jeudi sur RMC


"On ne peut annoncer la fin du démantèlement et dire qu'une opération est terminée quand il y a encore 1.500 mineurs et 450 femmes et enfants" dans les structures officielles jouxtant le camp, a protesté la maire LR de Calais, Natacha Bouchart.  

"Il y a encore plus de 1.000 personnes à Calais", a témoigné de son côté Mariam Guerey, animatrice du Secours catholique à Calais, sur BFMTV. Selon les chiffres de l’association, 1.385 repas exactement ont encore été distribués mercredi soir. "Il y aura toujours des migrants, car beaucoup de personnes veulent rejoindre leur famille et rejoindre l’Angleterre", a-t-elle ajouté. 

Des migrants devant les grilles closes

Quelque 80 migrants, tous mineurs selon eux, étaient massés devant le centre de transit jeudi matin, désormais fermé. Une partie d'entre-eux a dormi devant les grilles closes, à même le sol. D'autres continuaient d'arriver de la "Jungle" ou des alentours, au compte-goutte, dans la matinée. Dans la file des personnes majeures aussi, une dizaine d'hommes patientaient pour prendre le bus.


Des migrants auraient également rejoint Calais, depuis Paris, Lille ou encore Amiens, dans l'espoir de pouvoir monter dans des cars et être "mis à l'abri". Mais le centre de transit a fermé mercredi soir pour empêcher un "appel d'air", avait expliqué Fabienne Buccio, et ainsi éviter que des migrants non répértoriés dans la "Jungle" profitent du dispositif.  


Toutefois, douze bus sont en réserve pour assurer les derniers départs de migrants vers les centres d'accueil - dont deux prévus pour les mineurs -, a annoncé ce jeudi matin le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). L’Etat compte désormais sur le déblaiement total du site et sur la sécurisation de la rocade portuaire pour dissuader les migrants de s'installer de nouveau et durablement à Calais.  

En vidéo

Démantèlement de la "jungle" : des migrants continuent d'affluer à Calais

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Le démantèlement de la "Jungle" de Calais

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter