Démantèlement de la jungle de Calais : la crainte de la "chasse à l’homme"

Démantèlement de la jungle de Calais : la crainte de la "chasse à l’homme"

CONSÉQUENCES - Le démantèlement de la jungle a débuté ce lundi avec les premiers départs de migrants vers les centres d’accueil. Mais d’ici à la fin de la semaine, les associations craignent une "chasse à l’homme". Entretien avec Christian Salomé, président de l’Auberge des migrants.

L’opération de mise à l’abri des migrants de Calais a commencé ce lundi. Prochaine étape : le démantèlement de la jungle qui devrait débuter mardi. Le bidonville sera alors vidé de ses baraques pour faire place à un terrain vague. Selon Pierre-Henry Brandet, le porte-parole du ministère de l’intérieur, "tout se déroule sereinement et dans le calme" ce lundi. Avant de modérer ses propos et d’appeler à rester "prudent" par rapport à cet afflux. 

Les associations se montrent elles aussi prudentes. Et certaines tirent même déjà la sonnette d’alarme. Elles expliquent notamment que les migrants qui décident de rester dans la jungle feront l’objet d’une véritable "chasse à l’homme"."S’il y a des récalcitrants, les choses seront peut être organisées sous un autre prisme", déroule de son côté Pierre-Henry Brandet. Quel regard portent les associations sur ces opérations ? Sont-elles inquiètes pour la suite des événements ? LCI a interrogé Christian Salomé, président de l’Auberge des migrants.

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Le démantèlement de la "Jungle" de Calais

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    LCI : Quel regard portez-vous sur l’opération menée ce matin ?

    Christian Salomé : C’est le festival médiatique déjà. Il y a davantage de journalistes à Calais que pour le festival de Cannes. Pendant des mois, on a empêché les gens de partir en centre d’accueil. Et tout d’un coup, on leur offre la possibilité de partir tous le même jour, ou presque, en créant un phénomène de foule. C’est du show médiatique. On aurait préféré que les gens puissent partir au fur et à mesure, s’ils ont envie de partir. C’est organisé comme du spectacle. Et l’être humain c’est plus que du spectacle.

    LCI : Etes-vous inquiet pour la suite des événements ?

    Christian Salomé : Là où je suis plus inquiet, c’est pour ce qu'il va se passer à la fin de la semaine. Une fois que les gens qui ont envie de partir, ou que nous avons convaincu de partir, auront quitté le camp, que va-t-il se passer pour les autres ? Pour beaucoup, ils ont des raisons valables de vouloir partir en Angleterre. Il y aura une chasse à l’homme, c’est évident. On sait qu’il y a environ 1000 places qui ont été libérées en centre de rétention partout en France. Les gens vont être emmenés dans ces centres un peu partout, gardés 48 heures puis libérés. Et ensuite ? Ils vont revenir ici, c’est tout.

    LCI : Pensez-vous que les migrants vont revenir à Calais ?

    Christian Salomé : Oui. Et on reviendra simplement ce qu’on a connu il y a 5, 10 ou 20 ans. C’est-à-dire des gens qu’on retrouve sous les ponts, dans les jardins publics, dans les maisons abandonnées, dans des squats… C’est ça, la suite.

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