Démission de Nicolas Hulot : ce que pèsent les chasseurs en France

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POLITIQUE - Le ministre de l'Environnement, Nicolas Hulot, a quitté son maroquin au lendemain d'une réunion au cours de laquelle des largesses ont été accordées aux chasseurs français. Combien sont-ils ? Quelle est l'influence de ce million de personnes. On fait le point.

Un permis national moins cher et de nouvelles espèces chassables : la Fédération nationale des chasseurs (FNC) est sortie victorieuse de l'Elysée, lundi soir. Une réunion avec Emmanuel Macron a permis d'obtenir ce qu'ils réclamaient depuis des mois. Au grand dam de Nicolas Hulot, le ministre de l'Ecologie, qui a claqué la porte d'un gouvernement où les adeptes de la chasse sont cajolés.


Preuve du lien entre Emmanuel Macron et cette vaste communauté, alors "simple" candidat, il s'était dit favorable à la réouverture des chasses présidentielles, remplacées en 2010 par des "battues de régulation". Il était également allé saluer des chasseurs mi-décembre près du château de Chambord où il fêtait son anniversaire. Il faut dire qu'il semble difficile au président de la République de se passer la FNC qui rassemble plus d'un million de personnes qui pratiquent la chasse en France chaque année, avec un permis de chasse national ou départemental.

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"Toute la société chasse"

Selon la Fédération, 98% d'entre eux sont des hommes. La moitié d'entre eux a plus de 55 ans. Et près de trois sur quatre ont plus de 45 ans. Comme le précise sur son site la FNC, "toute la société chasse : professions libérales, cadres, artisans-commerçants, chefs d’entreprise, avec une forte prévalence dans les milieux agricoles et ouvriers."  


Dans le détail, deux tiers des chasseurs sont agriculteurs (12,1%), ouvriers (26,1%) ou inactifs (29,5%). Le Sud-Ouest et la Méditerranée sont les deux régions où cette activité se pratique le plus. A noter que la France est le premier pays européen en la matière, devant l'Espagne et l'Italie. 

Avec 1,2 million de membres, les chasseurs constituent un électorat convoité pendant les campagnes présidentielles. Leur vote penche traditionnellement plus à droite qu'à gauche, mais n'est pas uniforme. Durant la campagne présidentielle de 2017, les candidats ont d'ailleurs été invités à répondre aux questions de la FNC . François Fillon fut le seul, avec Emmanuel Macron, à venir passer en personne le grand oral cynégétique. 


En 2013, une étude approfondie de l'Ifop relevait que l'électorat chasseur n'était "pas homogène, loin s'en faut", mais "penche nettement plus à droite (54%) que le corps électoral français". Et présente "un sur-vote très significatif en faveur de l'extrême droite" : Marine Le Pen avait en 2012 recueilli 25% chez les chasseurs, contre 18% globalement.


Si l'Elysée a accepté de diviser par deux le prix du permis national, passant de 400 à 200 euros, le fait est que le permis départemental reste la norme. En 2014, 1.056.000 permis ont été délivrés dans les départements, contre "seulement" 123.652 à l'échelle nationale. 

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