Déni, colère, incompréhension : quand collégiens et écoliers réagissent à l'attentat contre Charlie Hebdo

Déni, colère, incompréhension : quand collégiens et écoliers réagissent à l'attentat contre Charlie Hebdo

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EDUCATION – Si la plupart des réactions sont unanimes pour condamner l'attentat à Charlie Hebdo, certains élèves de collèges n'ont pas hésité à faire entendre une voix discordante comme à Saint Denis, témoigne à metronews un professeur d'histoire-géo.

De l'"indifférence" à la "passivité"...

C'est un témoignage inquiétant qui interpelle. Selon Iannis Roder, professeur d'histoire-géographie au collège Pierre de Geyter à Saint-Denis (Saint-Denis) plusieurs élèves ont refusé de condamner l'attaque dont a été victime Charlie Hebdo mercredi. Pire, certains d'entre eux ont même justifié l'attentat, raconte à metronews l'auteur de "Tableau noir, la défaite de l'école" qui enseigne dans cet établissement classé en REP (ex ZEP).

"Jeudi matin, certains élèves ont fait part de leur satisfaction car, selon eux, Charlie Hebdo n'avait pas le droit d'insulter le Prophète. Ils ont dit que c'était bien fait pour eux", témoigne Iannis Roder. "L'une d'entre elles âgée de 15 ans a déclaré qu'elle en avait 'marre de voir des musulmans renier leurs racines pour vouloir s'intégrer", ajoute le professeur à propos d' Ahmed Merabet , le policier musulman tué dans l'attaque.

Si quelques uns se sont félicités, d'autres évoquent... la théorie du complot. "Une élève m'a parlé de coup monté, d'autres ont dit 'ils n'ont pas été tués, il n'y a pas eu de sang". Dans ce collège de Saint-Denis, un quinzaine d'élèves de 6e auraient même refusé de participer à la minute de silence jeudi à la mémoire des 12 victimes selon Iannis Roder. "On peut penser que les consignes venaient des parents", estime ce professeur marqué par "l'indifférence" et la "passivité" de ses élèves à tous les sujets, y compris les plus graves.

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... à la confusion et l'incompréhension

Un tableau noir heureusement loin d'être valable dans chaque établissement. A plus de 300 kilomètres de Saint-Denis, Jonathan Albertier a quant à lui vécu une toute autre scène. "Au début, la majorité des élèves ne comprenait pas ce qu'il s'était passé", explique à metronews cet éducateur spécialisé d'Angers chargé d'aider des jeunes en difficulté.

Le débat a vite permis à ces élèves âgés de 8 à 12 ans de montrer leur inquiétude et d'exprimer leur vive condamnation devant cet attentat. "Ils ne comprenaient pas qu'on puisse tuer au nom d'une religion. Deux d'entre eux de confession musulmane ont déclaré que les dessins de Charlie Hebdo étaient 'faits pour rire'", témoigne-t-il. "Un autre m'a dit : 'j'ai fait une prière pour la paix'".

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