Déradicalisation : les ex-collègues de Farid Benyettou doutent de la sincérité de sa démarche

Déradicalisation : les ex-collègues de Farid Benyettou doutent de la sincérité de sa démarche

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LUTTE ANTIRADICALISATION - La coopération entre Farid Benyettou, l'ex-"émir" des frères Kouachi, et Dounia Bouzar, qui dirige une association de déradicalisation, rencontre un certain scepticisme. A commencer par celui des médecins de la Pitié-Salpêtrière, où l'ancien recruteur de candidats au djihad a fait ses classes d'élève infirmier.

L’annonce a surpris. Mercredi dernier, Libération dévoilait que Dounia Bouzar, figure controversée de la lutte anti-radicalisation avait recruté Farid Benyettou, l’ex-mentor des frères Kouachi. Condamné à six ans de prison pour avoir été recruteur de candidats au djihad au sein de la filière dite des Buttes-Chaumont, Farid Benyettou aurait changé, affirme Dounia Bouzar. 


Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce recrutement, qui s’est fait contre l’avis de la place Beauvau, rencontre un franc scepticisme. De la part des anciens de Charlie Hebdo, d’abord, Patrick Pelloux et Zineb El Rhazoui en tête, qui se sont dits choqués dans les colonnes du Figaro. Mais également de la part des médecins de la Pitié-Salpêtrière, où Farid Benyettou a fait ses classes d’élève-infirmier, et que le quotidien national a longuement interrogés.

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Benyettou, qui avait caché son passé, officiait auprès d'ados vulnérables

Ce qui a notamment troublé les praticiens qui ont travaillé avec lui, c’est qu’il leur avait soigneusement caché son passé. Pour ce médecin, interrogé sous le couvert de l'anonymat, la "rédemption sans culpabilité préalable, sans mea culpa public" reste suspecte. En 2013, regrette-t-il, Farid Benyettou avait été placé en service de psychiatrie de l'adolescent, où "il avait accès à toutes les données médicales concernant des jeunes très vulnérables". 


Certains praticiens du service se souviennent de la proximité de cet élève infirmier avec des adolescents qui, pour certains, se trouvaient "en proie à des problématiques identitaires liées à l'islam", écrit encore Le Figaro. Un médecin conclut, amer : "C'était comme recruter un pédophile en puériculture". 

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Le parcours de "l’émir" Farid Benyettou

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