Environ 500 "petits groupes" sectaires et 140.000 personnes sous leur emprise dénombrés en France, selon Schiappa

Environ 500 "petits groupes" sectaires et 140.000 personnes sous leur emprise dénombrés en France, selon Schiappa

DÉRIVES - Un état des lieux inédit sur les dernières tendances des mouvements sectaires en France, qui doit être remis jeudi à Marlène Schiappa, atteste de leur envolée en France, principalement dans les départements ruraux.

Les dérives sectaires percent dans le paysage français. "Les sectes aujourd'hui, ça n'est plus ou plus seulement Charles Manson, l'église de Scientologie ou le Temple solaire, mais beaucoup de petits groupes. On en dénombre 500 en France", révèle ce mercredi 24 février Marlène Schiappa dans une interview à L'Obs. Dans ces 500 "petits groupes", se trouvent 140.000 personnes, dont 90.000 enfants et adolescents, précise la ministre déléguée à la Citoyenneté en présentant un rapport réalisé par des enquêteurs de la police, de la gendarmerie et la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires).

Toutes les classes sociales sont concernées par ces dérives, mais les femmes, "plus souvent en situation de précarité ou victimes de prédations sexuelles, sont particulièrement touchées", affirme à L'Obs l'ancienne secrétaire d'État, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes. En 2020, la Miviludes a reçu 3000 signalements (contre 2800 en 2019), "dont 700 ont été évalués comme sérieux". Environ 40% concernent des questions de santé ou de bien-être et 25% des mouvements religieux. 

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Le rôle primordial des réseaux sociaux

La dérive sectaire repose sur "trois piliers" : une idéologie, un gourou et un phénomène d'emprise. Marlène Schiappa liste des "nouvelles tendances", comme les stages de jeûne extrême ou les stages survivalistes. Elle cite Thierry Casasnovas, "un 

théoricien du crudivorisme (consommer les aliments crus) qui diffuse des thèses complotistes". Cette "personnalité", dont la chaîne YouTube compte plus de 500.000 abonnés, "fait l'objet d'une enquête pour mise en danger de la vie d'autrui", explique la ministre déléguée à la Citoyenneté. Il y a également QAnon, un mouvement complotiste pro-Trump, venu des États-Unis et apparu il y a deux ans en France. Le groupe Facebook QAnon France compte 30.000 membres.

Le rapport, remis par les forces de l'ordre et la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, désormais rattachée à l'Intérieur depuis l'été 2020, note "une surreprésentation des départements ruraux, ceux de la diagonale du vide", où "il y a moins de services publics", dans le paysage sectaire. "Quand il y a moins de services publics, quand on est dans un désert médical, on se tourne plus facilement vers des offres alternatives pour se soigner", détaille Marlène Schiappa. Les réseaux sociaux jouent un rôle primordial, permettant aux "gourous" de recruter "des personnalités fragiles isolées".

Un terreau favorable avec le Covid-19

Une vingtaine de procédures judiciaires ont été engagées contre des personnes qui ont profité de la crise sanitaire pour développer en France une emprise sectaire, selon la ministre. "C'est une période de quête de sens", explique Marlène Schiappa. "On a vu des gourous expliquer que la 5G serait à l'origine du virus et qu'il faut refuser la vaccination." "La fragilité générale, sanitaire, économique et sociale du moment offre un terreau favorable", expliquait-elle déjà au Parisien en octobre 2020. "On assiste à une recrudescence du phénomène dans le secteur du développement personnel, des soins alternatifs, du bien-être, ou du sport. Sous couvert d’activités bienveillantes, la finalité est le gain financier mais aussi l'emprise sur les personnes."

Contre ces dérives sectaires, elle assure qu'elle va "renforcer" la Miviludes. Une magistrate Hanène Romdhane va être nommée à sa tête. Des agents de Bercy seront rattachés à la Mission notamment "pour lutter contre les détournements d'argent". 

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