Des aimants pour les bovins en cas d'ingestion de métal, recommande l'Anses

Des aimants pour les bovins en cas d'ingestion de métal, recommande l'Anses

EURÊKA - Alors que près de 30.000 bovins meurent chaque année après avoir ingéré du métal et qu'environ la même quantité voient écartée leur carcasse de la consommation pour la même raison, l'Anses affirme avoir trouvé la solution miracle : faire ingérer aux animaux un aimant.

Chaque année, environ 29.000 bovins meurent dans les élevages français suite à une ingestion accidentelle de métal. Outre ces vies perdues, nombreux de leurs congénères qui ne seraient pas décédés de ces ingestions, mais suite à leur abattage voient leur carcasse totalement ou partiellement écartée de la consommation en raison de lésions internes liées à la migration de ces corps étrangers. Dans ces cas-là, la viande n'est pas valorisable. Tous les ans, environ 30.000 carcasses seraient concernées, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses).

Dans un avis publié ce mercredi, elle recommande d'administrer des aimants à l'animal pour éviter la survenue de graves lésions. "C'est un phénomène d'ampleur. 7 à 10% du cheptel est concerné", commente pour l'AFP Eric Vial, directeur de l'évaluation des risques à l'Anses. "Les Canadiens nous ont dit rencontrer le même genre de problème", ajoute-t-il. 

Clous, fils de fer et autres morceaux métalliques

La majorité des corps étrangers retrouvés dans la panse des vaches sont des fils de fer et des clous, présents sur les exploitations. Les structures métalliques des pneus usagés, utilisés pour maintenir les bâches recouvrant le fourrage, sont particulièrement redoutables. Mais il y a aussi les bouts de clôtures arrachées lors de la coupe de haies et les déchets de chantiers.

Pour l'animal, la présence de ces corps étrangers essentiellement métalliques dans son estomac peut être source de fortes douleurs et provoquer de graves lésions (péritonite), parfois mortelles.

Un aimant qui ne présente ni danger pour l'animal, ni pour l'humain selon l'Anses

Dans son avis, l'Anses recommande d'administrer par voie orale aux bovins un aimant de quelques centimètres, "dès les premiers signes évocateurs". Une fois dans la panse, il peut piéger les débris métalliques et éviter que ceux-ci causent des lésions en migrant dans des organes fragiles (cœur, diaphragme). Des études réalisées dans des élevages laitiers au Québec ont démontré l'efficacité de cette méthode, indique l'Anses.

L'Agence a étudié la dégradation de l'aimant dans le corps de l'animal. "Les expériences montrent que la dégradation est extrêmement lente et que finalement les substances qu'il contient ne sont pas de nature à présenter un danger pour l'animal" ni pour les humains consommant ces produits d'origine animale, déclare Eric Vial. "On conclut sur un bénéfice avantages/inconvénients très en faveur de l'administration d'aimant", dit-il.

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Il souligne l'importance des mesures de prévention pour éviter la présence de morceaux de métal dans l’environnement des vaches. Par exemple, cesser d'utiliser des pneus usagés pour bâcher les fourrages, équiper certains matériels agricoles d'un électroaimant, afin de piéger les objets ferromagnétiques.

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