Inquiètes pour les mineurs isolés, des associations s’opposent au démantèlement de la "Jungle" de Calais

MIGRANTS - Onze associations ont saisi mercredi soir en référé-liberté le tribunal administratif de Lille pour s'opposer au démantèlement programmé de la "Jungle" de Calais, qui compte 1300 mineurs.

La question des mineurs isolés constitue "un sujet fort" du référé. Moins de 5700 migrants vivent dans la "Jungle" de Calais, selon un communiqué de la préfecture du Pas-de-Calais publié mercredi. Parmi eux, on compte 1300 mineurs isolés et "à peu près 500" de ces jeunes migrants affirment avoir de la famille en Grande-Bretagne, a déclaré mercredi le directeur général de France Terre d'asile, Pierre Henry. S’inquiétant de l’avenir de ces jeunes, de nombreuses associations ont donc saisi la justice mercredi. 


Face à ce qu'elles estiment constituer "une atteinte aux droits fondamentaux des exilés", onze associations, parmi lesquelles Emmaüs, le Secours catholique et l'Auberge des migrants, ont saisi en référé le tribunal administratif de Lille pour s'opposer à l’évacuation du campement. Ce recours en justice risque de freiner les plans du gouvernement et ce, alors même que la voie s'était dégagée mercredi sur le plan judiciaire, le Conseil d'Etat ayant donné son feu vert à la destruction des commerces encore ouverts dans la "Jungle".

Lire aussi

Un recensement mené lundi et mardi sur le campement de migrants a permis d'identifier "1.290 mineurs isolés sur une base déclarative", a précisé Pierre Henry, selon qui "95% d'entre eux affirment vouloir passer en Grande-Bretagne". "Cela pose très clairement l'idée que la Grande-Bretagne doit prendre sa part dans l'accueil des mineurs isolés qui sont présents sur la Lande", a-t-il ajouté.


Les chiffres de ce recensement, demandé par les pouvoirs publics, marquent une nette hausse par rapport aux 861 jeunes sans famille dénombrés fin août par l'association. Ils vont toutefois dans le sens du bilan de 1.189 mineurs isolés produit il y a quelques semaines par l'Auberge des migrants et Help Refugees, deux autres associations sur place. Ces jeunes sont majoritairement "afghans, érythréens et soudanais" et dans leur grande majorité ils ont "entre 14 et 18 ans", a ajouté Pierre Henry, estimant "totalement marginal" le nombre d'enfants de moins de 12 ans.


Les juges doivent statuer sous 48 heures, a déclaré Me Julie Bonnier, du barreau d'Evry, associée dans cette démarche à Me Lionel Crusoë, du barreau de Paris.

En vidéo

Migrants : "L’idéal humanitaire, ce sont des lieux dignes", martèle Cazeneuve

En vidéo

Jungle de Calais : comment vont-être évacué les migrants

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Le démantèlement de la "Jungle" de Calais

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter