Des chercheurs britanniques sur la piste des Vikings dans l'ADN normand

SOCIÉTÉ

ANCÊTRES – Pour en savoir plus sur la colonisation de la Normandie par les Vikings, des chercheurs britanniques font jusqu'à ce mardi des prélèvements génétiques sur des habitants du Cotentin. Une démarche qui inquiète le Mrap.

Des chercheurs britanniques se lancent sur les traces des Vikings dans l'ADN normand. Depuis lundi et jusqu’à ce mardi, des universitaires de Leicester vont collecter l’ADN d’une centaine d’habitants du Cotentin avec un objectif très particulier : étudier leur matériel génétique pour y détecter d’éventuelles origines vikings et ainsi en savoir plus sur la colonisation de la Normandie par ce peuple.

Osouf, Tostain, Gonfray, patronymes normands et vikings

L’idée, "c'est de connaître l'intensité de la colonisation scandinave aux IXe et Xe siècles dans le Cotentin, son ampleur, mais aussi si les colons sont restés entre eux ou bien se sont mariés avec les locaux", précise entre deux collectes de salive à Valognes (Manche) Richard Jones, un des chercheurs menant l’étude.

Comme le souligne France Bleu , qui évoquait l’étude intitulée "Retrouver l’héritage scandinave des populations du Cotentin" dès le mois d’avril, les patronymes à consonance viking ou scandinave (Osouf, Tostain ou encore Gonfray) sont nombreux dans la région.

Le Mrap craint la récupération

Les prélèvements se font sur des personnes volontaires, évidemment, et ont été autorisés par la Cnil, la Commission nationale de l'informatique et des libertés. Malgré tout, le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) a fait part de ses inquiétudes sur le sujet et craint que l’étude ne soit détournée.

"On craint que cela développe l'idée qu'il y a de vrais Normands et de faux Normands, explique Jacques Declosmenil, président de l’association dans la Manche. [...] Certains racistes pourraient se dire 'J'aurai la preuve que je n’ai pas de sang arabe'". Une récupération que tempèrent les chercheurs qui expliquent qu’ils n’étudient qu’une toute petite partie de l’ADN. L'étude devrait être publiée en 2016.

Lire et commenter