Des familles roms condamnées à l'errance dans Paris après l'expulsion de leur camp

Des familles roms condamnées à l'errance dans Paris après l'expulsion de leur camp

EVACUATION - Plusieurs dizaines de familles, avec de nombreux enfants, se sont retrouvées sans toit lundi après-midi, après que leur camp, à Bobigny, ait été évacué. Elles sont depuis contraintes à errer dans Paris.

La pluie a commencé à tomber au moment de leur expulsion. Lundi après-midi, une trentaine de familles roms, avec plusieurs enfants en bas-âge, se sont retrouvées dehors, après l'évacuation de leur camp, à Bobigny. Si, parmi les habitants, une trentaine de familles ont pu être relogées par la préfecture, "de nombreux autres sont restées sur le carreau", dénoncent les associatifs. Alors elles sont sorties du camp, bagages à la main. "Ensemble on est plus fort !" crie le chef de troupe pour motiver le petit groupe. Pendant quelques heures, ils ont tenté de rejoindre la mairie, à deux pas de là. Mais le cordon de police déployé pour l'occasion les a découragées. 

EN SAVOIR + >> Les dernières heures des Coquetiers, plus ancien camp rom de Seine-Saint-Denis

"Nous avons été obligés de marcher jusqu'à la prochaine station de métro, sous la pluie, avec les chariots, les sacs et les enfants", raconte Véronique Decker, une directrice d'école qui a scolarisé quelques enfants. Les familles se sont alors rendues place de la République (4e) où quelques militants les ont rejoint, affiches et banderoles à la main. "Aucune solution ne leur a été proposée, on en fait des SDF", s'est insurgé Benjamin Abtan, président de l'association Egan de lutte contre le racisme.

Un gymnase pour la nuit

Mais en début de soirée, lors que la pluie se remet à tomber, il faut bien trouver un toit. "Nous sommes allés à l'hôpital Saint-Louis (10e), raille un associatif. Mais ils n'ont pas été très hospitaliers. Nous avons été expulsés par les CRS". La mairie a prêté, en dernier recours, un gymnase, dans le 10e arrondissement, pour une nuit. 

Le camp des Coquetiers, en Seine-Saint-Denis, était l'un des plus anciens du département. Déclaré insalubre, il était sous le coup d'un arrêté d'expulsion depuis quelques jours. "Nous avons mené deux diagnostics pour aider les familles, expliquait hier le préfet délégué à l'égalité des chances, Didier Leschi. Mais il y a beaucoup de turn-over, certaines n'étaient pas là". À Paris, de nombreuses familles roms ont élu domicile dans la rue, dormant sur des matelas à même le sol, avec leurs enfants.

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