Des fonctionnaires de l'Assemblée Nationale seraient logés gracieusement dans des appartements de plus de 100m2

Des fonctionnaires de l'Assemblée Nationale seraient logés gracieusement dans des appartements de plus de 100m2
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POLÉMIQUE - Alors que l'Assemblée nationale manque de place et que les coûts liés à un déménagement font grincer des dents, France Inter révèle que des fonctionnaires du palais Bourbon seraient logés dans des appartements aux superficies vertigineuses, sans avoir à payer de loyer. Malaise.

L'Assemblée nationale reste encore aujourd'hui un gouffre financier. Depuis la prise de pouvoir d'Emmanuel Macron, la majorité tente pourtant de mettre en place des dispositifs de réduction budgétaire, via la fin du régime spécial de retraite des députés, l'interdiction des emplois familiaux ou encore la suppression de la réserve parlementaire. Dimanche, encore, François de Rugy était fier d'afficher que le coût de fonctionnement du Palais Bourbon avait chuté. Mais de nouvelles données concernant le logement de ses fonctionnaires laissent à penser que l'Assemblée pourrait être bien plus économe ! 

Dans un rapport que s'est procuré France Inter, on apprend ainsi que de nombreux employés disposeraient d'appartements privés, de belles superficies, sans payer le moindre loyer. Au total, 1.700m2 leur seraient alloués. 

Le secrétaire général du Parlement, dont le salaire net avoisine les 18.000 euros par mois, bénéficierait ainsi d'un logement de 182m2 et d'un majordome, qui lui-même dispose d'un appartement de 49m2. Et tout cela gracieusement. Et il n'est pas le seul : le directeur du cabinet du président de l'Assemblée, dont le salaire net mensuel est de 10.000 euros, serait logé dans un 149m2 – toujours sans loyer. Des appartements seraient également réservés au chef du département "génie climatique" – 167m2 - et à celui du département électrique – 107m2, alors même que ces deux fonctionnaires gagnent 7.750 euros par mois. Logés au frais de la princesse, donc, ou plutôt à celui du contribuable.

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Assemblée nationale : vers la fin des privilèges ?

Quand on sait que le palais Bourbon manque de place, ces avantages laissent pantois. Ce même manque de place qui avait justifié un peu avant Noël, le fait de conserver l'hôtel de Broglie – acheté à l'Etat 63 millions d'euros mais toujours inoccupé. "Cette opération permettra notamment à l’Assemblée de développer une stratégie immobilière pérenne, en mettant fin à la pratique coûteuse de toute location immobilière", avançait alors la présidence de l'Assemblée dans un communiqué. L'objectif étant d'y aménager des bureaux-couchettes et des espaces de travail pour les députés et leurs collaborateurs. 

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Au vu de ces nouvelles révélations, certains élus de l'opposition se disent aujourd'hui que les logements de ces fonctionnaires pourraient finalement faire l'affaire, à moindre coût… Un moyen pour François de Rugy de pouvoir vanter davantage l'exemplarité des parlementaires ? Certainement, mais encore faudrait-il que le président de l'Assemblée le veuille. Selon France Inter, ce rapport polémique lui a été transmis par le premier questeur Florian Bachelieu (LREM) – l'unique député qui s'était opposé à la conservation de l'hôtel de Broglie – sans pour autant que le sujet ne soit mis sur la table.

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