"Des gens crachaient, d’autres vomissaient" : scène d’angoisse dans le métro parisien en marge du 1er mai

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ON MET LES GAZ - Plusieurs voyageurs se sont retrouvés, dimanche soir, bloqués à l’intérieur de la station de métro Jacques Bonsergent, à Paris. En cause ? Une évacuation musclée de la place de la République, à grands renforts de gaz lacrymogènes.

Que s’est-il passé dimanche soir dans les couloirs du métro parisien ? Vers 23h30, à la station Jacques Bonsergent (au croisement des 10e et 11e arrondissements) ce 1er mai, un épais nuage de fumée envahit les quais, où patientent plusieurs dizaines de voyageurs. Beaucoup, sur place, pensent à un incendie sur les voies, d’autant qu’un peu plus tôt dans la soirée, un feu, rapidement maîtrisé, s’est déclenché à la sortie de la station République. Mais cette fumée-là, précisément, pique drôlement les yeux et la gorge.

A cet instant, Fabien rentre d’un dîner entre amis dans le quartier. Interrogé par metronews, il raconte : "J’étais dans le métro, qui n'a pas marqué l'arrêt à République. Je suis donc descendu à la station suivante : Jacques Bonsergent. En sortant de la rame, tout avait l’air normal. Mais très vite, j'ai senti l’odeur des gaz lacrymogènes. Plus je me dirigeais vers la sortie, plus l’air devenait irrespirable. Et c’est à ce moment qu’une flopée de manifestants ont descendu les escaliers en courant. Derrière eux, les CRS bloquaient le passage, on ne pouvait plus sortir."

Quinze minutes angoissantes

S’en suit une scène de grosse pagaille. "Les usagers du métro se sont rassemblés au bout du quai, pour s’éloigner des gaz. Beaucoup pleuraient, d’autres crachaient ou vomissaient. Lors de leur descente dans les couloirs, des gens ont été séparés. Certains se sont mis à traverser les rails, pour se rejoindre. Quelqu’un a eu la bonne idée de tirer la sonnette d’alarme, pour couper le courant sur les voies." Le tout, d’après lui, dure près d’un quart d’heure. Quinze minutes "hyper angoissantes" : "On a vraiment eu le sentiment d’être pris au piège, car dans cette station, il n’y a qu’une seule voie de sortie. On se demandait comment ça allait se terminer", poursuit Fabien.

Sylvie, elle aussi, s’est retrouvée dans les couloirs de la station Jacques Bonsergent à ce moment-là. Elle précise : "A la sortie, une rangée de CRS nous attendait avec leur flashball. On n’a eu aucune explication sur ce qu’il venait de se passer. Il n’y avait pas d’enfant ou de personne fragile, mais ça aurait pu arriver à n’importe qui..."

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Débordements en marge du défilé

Mais que s’est-il exactement passé dans cette station, à quelques mètres de la place de la République ? Sur les réseaux sociaux, plusieurs photos et vidéos donnent une idée des débordements qui sont survenus en marge du défilé du 1er mai. Nombre d'entre elles évoquent des CRS qui "poussent de force" les manifestants dans la bouche de métro.

Plusieurs images montrent également un jeune homme allongé au sol, visiblement sonné, dont les amis assurent qu'il est tombé dans les escaliers pendant la bousculade. A l'heure actuelle, nous n'avons pas eu la confirmation d'un blessé durant cet épisode.

Une source policière, contactée par metronews, nous livre l’explication des forces de l’ordre : "Le but, c’était de faire évacuer les manifestants et les participants à Nuit Debout de la place de la République, pour leur faire prendre le métro le plus rapidement possible. Bien sûr, on n’a pas la volonté de gazer à l’intérieur du métro. Mais quand on balance du gaz à la surface, naturellement, ça s’engouffre dans les couloirs et ça peut indisposer les usagers." Lors de ce défilé du 1er mai à Paris, dix personnes ont été interpellées dans la capitale, dans le contexte tendu des manifestations contre la loi Travail.

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