Des militants d'Attac transforment un Apple store en hôpital

Des militants d'Attac transforment un Apple store en hôpital

DirectLCI
HAPPENING - Opération coup de poing : l'Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne (Attac) a envahi samedi 30 juin un Apple Store à Paris. Les militants ont transformé l'enseigne en hôpital pour alerter sur la situation des établissements publics de santé dans le pays et dénoncer l'évasion fiscale.

Habituée des coups d'éclat, l'Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne (Attac) a ciblé, une fois de plus, la multinationale Apple. Une centaine de militants déguisés en médecins et en patients ont envahi un magasin de l'enseigne américaine dans le 6e arrondissement de Paris. Vêtus de blouses blanches ou vertes, ils ont transformé l'intérieur en véritable hôpital : service d'urgence avec des patients ensanglantés et soignés à même le sol, chambres munies de lits d'hôpitaux et même une salle d'attente.

L'argent de l'évasion fiscale pour sauver le service public français

Arrivés sur place à 17h, les militants ont simulé la prise en charge de patients par un corps médical surchargé. Dans une ambiance bon enfant, certains ont entamé des danses et des chants scandant : "On est là, même si ne le voulez pas, nous on est là". 


Le but de ce happening : dénoncer la situation des hôpitaux en France mais aussi l'évasion fiscale. Car pour Attac, l'instauration d'"une taxe d'urgence sur les bénéfices des multinationales" pourrait permettre à l'Etat de sauver les services publics, désargentés et ponctionnés. "Le produit de cette taxe serait consacré en particulier à la remise à niveau structurelle des administrations publiques, en premier lieu les hôpitaux", indique l'association dans un communiqué. 

"Face à la situation d'impunité dont jouissent les multinationales, poursuit l'association, Attac revendique l'instauration d'une taxe globale sur les multinationales, la mise en place d'un reporting public pays par pays, la suppression du verrou de Bercy  (qui veut que seul le ministère de l'Economie et des finances ait le droit d'entamer des poursuites pénales pour fraude fiscale), et le renforcement de toute la chaîne de lutte contre la fraude fiscale au sein de l'administration fiscale".

Le mouvement a pu compter sur le soutien du porte-parole EELV Julien Bayou et du député LFI Ugo Bernalicis ainsi que sur des représentants du corps médical.

Si les agents de sécurité du magasin ont laissé les militants opérer dans un premier temps, l'enseigne a réclamé après la fermeture du magasin l'intervention des forces de l'ordre. Une évacuation "musclée" selon un porte-parole du mouvement "pour éviter que l'on occupe le magasin toute la nuit". 


Ce n'est pas la première fois que l'enseigne a maille à partir avec l'association. A Aix-en-Provence, à Paris Opéra, toujours dans l'optique de dénoncer les pratiques d'évasion et d'optimisation fiscale du géant de la téléphonie et de l'informatique, ils avaient déjà mis en place des happenings dénonçant les conséquences de cet argent manquant dans les caisses de l'Etat. La multinationale avait bien demandé à la justice d'interdire aux militants d'intervenir dans ses magasins... et avait été déboutée.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter